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Article technique sur l'utilisation des cuillers tournantes par Daniel LAURENT
du magazine PECHE RECORD N° 2 de janvier 2001
Avec l'aimable autorisation des Éditions Neptune Diffusion
Cuillers tournantes... Le choix des armes !
Couleurs, formes et fréquences vibratoires déclenchent l'attaque des carnassiers.
La truite répond instinctivement à ces signaux alimentaires
suivant les conditions de pêche.
Détails et explications.
En situation de pêche et quelle que soit la technique, rien n'est réellement le fruit du hasard.
La prise du poisson est parfois le fruit d'une action fortuite, souvent involontaire, mais qui répondant aux besoins tactiques du moment. Le pêcheur au lancer pense alors avoir trouvé la cuiller philosophale, celle qui convient invariablement à sa méthode de pêche, pour s'apercevoir, quelques temps plus tard qu'il n'en est rien. Le poisson refuse ce qui semblait être la "tournante idéale".
Il faut se rendre à l'évidence, il n'y a pas de leurre unique et qui marche tout le temps.
Alors quelle serait la bonne cuiller ?
Plusieurs critères sont à prendre en considération : la forme, la couleur et l'action de pêche.
LA FORME CONDITIONNE L'EVOLUTION.
Schématiquement, nous classerons les palettes en trois groupes distincts.
La première, destinée aux pêches de surface, s'apparente à une géométrie classique de forme poire allongée, comme la "Colonel" de BALZER et la "Comet" de MEPPS. La large rotation de la palette brassera l'eau et s'identifiera comme étant le symbole de la fuite éperdue d'un poissonnet. Elle sera à utiliser dans les eaux peu profondes ou sur des poissons évoluant près de la surface.
La seconde, de forme olive, est la plus courante. La plus célèbre demeure l'Aglia. Ce leurre est destiné aux pêches d'entre deux eaux. Les grands distributeurs, comme la firme MEPPS propose une large gamme de ce produit, ceci sous toutes les teintes, de la plus vive à la plus pâle.
La troisième, ressemble davantage à la forme d'un poisson très allongé, à une "feuille de saule". Cette cuiller tournante, comme la "Raimbo" de MEPPS, servira essentiellement à la traque les poissons embusqués dans les fosses et les parcours profonds. Pour éviter les accrochages, vous pouvez modifier éventuellement votre montage en remplaçant le trident par un hameçon simple. Vous obtiendrez certes plus d'attaques mais aurez moins de réels ferrages. Un choix à faire.
Mais avec de la pratique... touche perçue... poisson pendu !
LA COULEUR CREE DES SIGNAUX.
Les choix alimentaires du poisson sont variés et les teintes produisent des signaux différents suivant le milieu où il vit. Le spectre lumineux, produit par la palette qui "toupie" autour de son axe, reste un élément déterminant de l'attaque du carnassier. Ceci explique pourquoi le verso des palettes reste souvent vierge de toutes fioritures. Le poisson qui poursuit une cuiller ne voit d'ailleurs que cette face ! Alors pourquoi autant de couleurs et de décorations sur le verso ? Une vieille main de mon enfance aimait à répéter que le nombre impressionnant de cuillers prenait plus de pêcheurs que poissons ! Sans dire qu'il avait à totalement raison, il faut distinguer ce qui est réellement utile et ce qui ne l'est pas.
L'or et l'argent.. Ce sont des cuillers à utiliser par beau temps et dans les premières couches de la surface. Le soleil réfléchit ses rayons sur la palette et provoque souvent l'attaque déterminante du poisson. Dans la même gamme, les palettes pailletées.
Le cuivre. Il est incontournable. Il s'agit certainement de la représentation alimentaire la plus conforme à la vision du carnassier (truites, brochets, perches etc...). Le stimulus visuel sera surtout opérant dans les couches moyennes des plans d'eaux et des fosses en rivières. La nacre est également appropriée à cette profondeur d'eau.
Tôt le matin ou tard le soir, lorsque la clarté est faible, cette palette sera très efficace en toutes circonstances de profondeurs intermédiaires.
Le noir, sera à utiliser dans les grandes profondeurs. Souvent négligé, car peu aguichant à l'œil du pêcheur, il est pourtant redoutable. Lorsque les eaux sont mâchées après la pluie, vous présenterez une palette noire à points jaunes, à revenir, dans le sens inverse du courant.
Les points et les rayures, rouges ou noirs, accentuent la vision si les eaux sont légèrement teintées et fractionnent le spectre lumineux de la palette.
Les poissons dissèquent les informations visuelles. La vitesse réelle des éléments est ralentie par deux, afin de leur permette de contrôler, si possible, la proie convoitée. Les points rouges, noirs, jaunes etc... sont perçus comme autant de particules mobiles. Ils donnent un attrait supplémentaire à la cuiller, lorsqu'elle apparaît dans le champ de vision. Ces points augmentent ou diminuent la luminosité de la palette et permettent d'offrir au poisson des stimuli visuels conformes et dosés aux nécessités du moment.
Les fluorescentes provoquent une stimulation par ultraviolets. Ainsi elles continuent d'émettre des tonalités quand toutes les autres couleurs sont éteintes. La " Chartreuse et la Phospho " de Mepps, méritent toute l'attention nécessaire dans des conditions de pêche difficiles.
Les tandems. En combinant une palette tournante à un Rapala, cette cuiller ajuste l'action des deux éléments. Le "Minnow Spin de VIBRAX" est effectif, même à très basse vitesse de récupération. Ce tandem est absolument remarquable en action de pêche.
Un autre tandem est apparut récemment sur le marché (Mepps) et propose deux palettes en forme " d'ailes d'avions " tournantes sur la corde à piano en inox. Cette disposition particulière est très prenante sur des poissons difficiles, particulièrement sur des truites encavées. Le double effet vibratoire agit rapidement sur le labyrinthe et la ligne latérale du salmonidé, le rendant agressif à l'excès.
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Le mini streameeps : il s'agit d'un mini streamer à palette qui se propulse avec une canne à mouche.
Il peut également être employé avec un lancer léger.
Lesté d'une micro bombette (3 à 5 grs) vous atteindrez des distances respectables...
là où les truites ne vous attendent pas ! |
Le tandem : cette cuillère particulière, associe l'effet vibratoire de la palette tournante à l'effet visuel d'un poissonnet virevoltant en une course éperdue.
Excellente cuillère en rivière moyennement profonde sur des truites éduquées. |

Les Vibrax : ils possèdent une cloche de résonance creuse émettant des vibrations. Ceci est un atout supplémentaire, qui alertera le carnassier,
comme étant un signe de nourriture envisageable.
Une roue crantée limite le vrillage. |
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La bombette : En utilisant une bombette (flottante, 1/2 flottante ou plongeante) vous pourrez tromper la vigilance du poisson, peu habitué à être traqué loin des bordures. |
LES VIBRATIONS DECLENCHENT L'ATTAQUE.
Plusieurs études démontreraient qu'une truite est capable de détecter la chute ou l'émergence d'une mouche à plus de 8 mètres. Comment fait-elle ?
Le poisson est doté d'un 6 ème sens...la ligne latérale. Elle est hypersensible chez la truite. La ligne latérale est constituée d'une multitude de micros organes sensoriels, eux-mêmes reliés au cerveau. Cette voie sensitive fonctionne un peu à la manière d'un radar et elle capte les vibrations émises dans l'eau. Elle fait partie intégrante de l'appareil auditif de la truite qui est complété par les oreilles internes, elles-mêmes suractivés par les renseignements fournis par la vessie natatoire. Ces oreilles internes sont sensibles aux bruits produits ou diffusés dans l'eau... Ceci nous ramène... à la cuiller qui provoque des vibrations antinomiques et qui alerte le poisson. Alors, soit par agressivité naturelle ou par besoin alimentaire, il viendra voir "de quoi il re-tourne". Cela sera parfois l'attaque, ou... le refus !
L'ACTION DE PÊCHE Le refus le plus courant est souvent la satiété, la saturation alimentaire du poisson. " Poisson repu, ne mange plus" me disait également la vieille main d'autrefois. Les fausses touches, sont généralement des coups assénés au leurre par le poisson agacé qui décline votre offre.
La nage de la cuiller est la cause réelle de ce refus. L'animation est trop régulière, trop élémentaire trop parfaite, trop... quoi !
La cuiller doit, avant tout, imiter un poisson fugitif ou blessé.
Je me souviens d'un gamin qui pêchait à quelques mètres d'un vétéran. Ce dernier pestait tout ce qu'il savait car l'enfant attrapait plus de truites qu'il n'en faisait lui-même. Tu as une chance de c... S'égosillait-il, agacé !
A bien y regarder, le gamin était plutôt embarrassé par son matériel qu'il utilisait peut-être pour la première fois. Ses gestes étaient saccadés, la pointe du lancer faisait des cabrioles dans les airs et ses mains d'enfant ne maîtrisaient pas la trajectoire. Ceci explique cela. La nage désordonnée de la cuiller imitait à la perfection, et sans le savoir, la fuite d'une proie trop facile pour le prédateur.
La chance du débutant ? Pourquoi pas... Je suis sûr du contraire !
Rien n'est réellement le fruit du hasard !
Daniel LAURENT
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