| Textes et photos de Daniel LAURENT du magazine PECHE RECORD d'octobre 2001 Avec l'aimable autorisation des Éditions Neptune Diffusion

Daniel LAURENT, recordman de France 2000 du silure, réalise une pêche inédite dans le Petit Rhône avec son coéquipier Olivier Couderc, autre spécialiste de la discipline.
Le Petit Rhône sourit aux audacieux, et surtout à notre collaborateur Daniel LAURENT. Il avait l'année passée obtenu le titre officiel de recordman de France du silure en capturant un spécimen de 2,26 m pour 85 kilos ! Mais puisqu'un record est fait pour être battu, il tentait de nouveau sa chance sur le Petit Rhône, cet été, avec Olivier Couderc. Dans un des nombreux méandres de ce fleuve difficile, ils avaient repéré à force de patience et d'observations, un autre géant. Malgré des approches expertes et discrètes, le "monstre" a dédaigné toutes leurs tentatives. Echec ? A moitié seulement... car Daniel Laurent a réussit une nouvelle performance en capturant en moins de 90 minutes, trois magnifiques silures : 1,30 m, 1,45 m et 1,75 m... Soit un peu plus de 100 kilos dans un laps de temps relativement court et sur ce fleuve capricieux et difficile à prospecter. Une pêche au manié aux résultats étonnants qui fait référence chez les amateurs de cette discipline, qui savent par expérience, que le Petit Rhône reste l'un des parcours de France le plus compliqué à lire et qu'il est loin d'avoir encore livré tous ses secrets.LA PECHE ACTIVE DU SILURE. Conseils pratiques pour les nouveaux aventuriers.
Avec Olivier, nous aimons particulièrement la pêche active du silure. Cette préférence tactique a fait ses preuves et est, me semble-t-il, celle qui permet d'obtenir les meilleurs résultats. Cette pêche "dite active" avantage la prospection rapide de nombreux postes, ceci en peu de temps, en multipliant donc les chances de rencontrer des silures. Tactique opposée à la pêche d'attente sur un seul poste, mais qui a aussi d'autres charmes. Pour réaliser cette pêche active, l'utilisation d'un bateau est bien entendue nécessaire puisqu'il nous permet de nous déplacer rapidement. Mais le choix d'utiliser une embarcation est aussi un facteur important dans la lutte avec de gros sujets. Lorsqu'un silure tentera de se débarrasser de notre ligne, dans les souches et autres obstacles, l'utilisation du moteur pour dériver sa course deviendra un outil très efficace. Un parachute noyé est également indispensable pour ralentir le bateau par rapport à la vitesse du courant, surtout si le vent vient troubler la fête.
Les animations.
Quelle que soit la technique adoptée, pêche au vif, au leurre ou au manié, certaines constantes nous semblent toujours déclencher l'attaque. Cette attaque se produit souvent sur un relâché descendant. C'est très souvent lorsque l'appât touche le fond (90 % des cas) qu'elle se déclenche. Une autre observation d'importance nous permet d'affirmer que le silure n'aime pas "courir" après sa proie. Un leurre manié trop rapidement a peu de chance de séduire réellement les gros silures. Bien entendu cette affirmation concerne le Petit Rhône, mais semble être également une constante dans les eaux à grands débits. Une action de dandine, la plus lente possible, est souvent la seule solution pour déclencher une véritable attaque. Nous avons souvent remarqué que le poisson relâchait sa proie si la présentation était trop rapide... "comme s'il nous disait : j'ai compris votre manège !".
L'animation dite immobile !...
Il s'agit là d'une action attractive que j'affectionne tout particulièrement, avec les risques d'accroches que cela entraîne irrémédiablement. Malgré cet inconvénient elle est payante sur les gros sujets. Lors d'une animation, après avoir faire virevolter mon poisson mort, je n'hésite pas à stopper l'animation en faisant plonger la chevrotine dans le substrat, par un fort relevé de 20 cm qui sera suivi d'un ample relâché, la ligne complètement détendue. Le poisson pique du nez dans la vase et entraîné par le courant, la ligne se tend lentement. Une fois le contact établi il suffit de ralentir suffisamment la dérive vers l'amont pour que l'appât soulève un nuage, comme un poisson tentant de se cacher dans le substrat. Ce léger nuage doit certainement alerter les silures. Méthodiquement je rends de la ligne pour immobiliser le poisson mort, quelques instants seulement. Dès que le contact est perçu, je ferre souplement mais fermement. Dans la seconde qui suit, je sais s'il s'agit d'un silure, d'une branche. Si rien ne se produit, je recommence cette animation immobile 2 ou 3 mètres plus en aval, au gré du courrant. La réelle difficulté de cette tactique est de "sentir" les mouvements du leurre à douze ou quatorze mètres de fond.
L'animation près du fond.
Il arrive souvent que cette animation, que j'ose appeler improprement d'immobile, ne donne guère plus de résultat. Il est donc nécessaire de modifier la donne, en ajoutant à cette tactique, une autre technique, celle du leurre lancé... mais avec un leurre manié. Le défaut de ce mouvement vertical, est que nous risquons de toucher les silures et de provoquer leurs fuites. Après avoir raclé le fond, soulevé la vase et immobilisé le poisson mort, si rien ne se produit je procède ainsi : Je relève ma canne de 50 à 60 cm et donne l'illusion à mon poisson mort qu'il est apeuré et tente une paresseuse course de l'amont vers l'aval de 1 ou 2 mètres. Je n'hésite pas d'ailleurs à biaiser ma direction en oblique de gauche à droite, pour donner réellement une course tourmentée à ce poisson cible. Ensuite je recommence mon animation dite immobile. L'imperfection pratique de ce mouvement peut malheureusement donner un résultat contraire à celui espéré en accrochant, au hasard quelques dos de silures posés sur le fond.
Un matériel bien adapté.
Le choix de ce matériel ne peut se faire au "petit bonheur la chance". Les nouveaux adeptes de cette pêche sont très souvent des carpistes qui se sont fait démonter lors de sessions (souvent au ver de terre) ou de pêcheurs de sandres pêchant au manié, qui de la même manière auront connu les frissons d'une prise inattendue. Surtout ne faîtes pas l'erreur d'utiliser ces matériels basiques, totalement inapproprié.
Le poisson mort est généralement un gardon de 8 à 12 cm maximum, lesté sur une monture traditionnelle Drachkovitch, plombée par une chevrotine de 18 grammes et équipée de 2 hameçons VMC 9000 BK numéro 4.
Personnellement j'utilise une tresse Nacrilan de chez Tortue en 26 livres, sur un moulinet BG 60 de Daïwa. Ma canne préférée est la Béluga 230 de Garbolino. Olivier Couderc préfère l'Armalite( montée par C.Lacaze) de 2,70 mètres, d'action progressive et d'une puissance de 30/90 grammes. Il utilise également la Silurus de S.Maddocks sur le Rhône et une Hypron Pike de DAM en Seine. Son moulinet est un DAŒWA BG 30 équipé d'une tresse Nacrilan de chez Tortue, mais orangée.
Daniel LAURENT POINTS FORTSLa nouvelle réglementation devrait autoriser en 2002, l'utilisation de l'échosondeur pendant la pêche.
Nous avons testé ce matériel en domaine maritime et nous sommes persuadés que le silure perçoit les ultrasons de ce détecteur.
Tout comme le clonk, que nous déconseillons fortement sur le Petit Rhône, l'échosondeur est également à proscrire, ceci dès que vous arriverez sur un poste et pendant l'action de pêche.
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