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| Au coeur des inondations cévenoles (Midi Libre 14 septembre 2002) par Daniel LAURENT
Faut-il également craindre la décrue ?
Après les orages cévenols la rivière sape les berges déboisées.
Les paramètres morpho-dynamiques, c'est à dire l'allure générale d¹un cours d'eau, sont des éléments qui donnent à une rivière des caractères qui lui sont propres. Son faciès, la forme de ses berges, la configuration du lit, la vitesse et la quantité d'eau qui s'écoule en période normale ou d'étiage, sont donc des facteurs qu'il est nécessaire de prendre en considération quand tout va bien. En attendant l'orage.
Les dégâts causés par les crues des Gardons et du Vidourle, sont des exemples types du manque de réalisme des acteurs qui interviennent dans les milieux humides. Il ne s'agit pas ici de trouver des responsables aux conséquences des cataclysmes naturels sur l'Homme, la pluviométrie des 8 et 9 septembre ayant été exceptionnelle, mais il convient néanmoins de condamner vigoureusement ceux qui n'entretiennent pas ou déstabilisent les berges, dont ils sont propriétaires. |  Le Gardon le 25 août... le 9 septembre la rivière passe par-dessus le pont ! |  9 septembre à 8 heures, soit 30 minutes avant la grande déferlante. | | Sur un affluent du Gardon de St Jean du Gard, une déforestation massive a été réalisée au printemps dernier sur un petit bois. D'une part, avec les fortes pluies, la terre nue à dévalé sous forme de boue vers l'aval, mais d'autre part les arbres entiers et des branches coupées ont été jetés dans le lit de cette petite rivière. Ces obstacles, emportés par les flots, ont formé un enchevêtrement qui encombra rapidement les arches des ponts, comme à Anduze, Lézan et Cassagnoles, avec les conséquences que l'on sait. |  Le sapement des berges. | | Il est aussi important de souligner que les conséquences d'une décrue seront également dangereuses lors de la prochaine crue. Les berges ont un rôle physique important puisqu'elles assurent la stabilité du cours d'eau, mais elles subissent différents types d'érosion qui les déstabilisent. On distingue soit les glissements qui se produisent généralement à la décrue soit les sapements provoqués directement par éboulements, notamment dans les méandres. |  Tunnage et clayonnage pour éviter l'érosion des berges. | | Cette érosion insidieuse peut être évitée, non pas en coupant les arbres, mais au contraire en renforçant les berges par tunage ou clayonnade. Ce sont les racines qui retiendront la berge quand le moment sera venu ! |
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