| Chronologie de l'échec de la pêche de nuit…L'enquête de Carpe Record Un protocole blackboulé, pour une idée qui continue néanmoins son chemin.
par le comité de rédaction de Carpe Record paru dans Carpe Record n°18 mars-avril 2003 Avec l'aimable autorisation des Éditions Neptune Diffusion Les membres du Congrès, présidents élus des fédérations, n'accepteront la pêche de nuit sur le domaine public, que si ceci est la volonté des pêcheurs. Ils refusent en bloc ce qu'ils qualifient "d'intimidation des intégristes du mouvement CAMOU."
Les mots cinglent et fustigent les novateurs du carpisme. Tout est fait pour frapper les esprits de ceux qui ne connaissent pas l'imbroglio d'une histoire. Celle d'un projet pour la pêche de nuit sur le domaine public, un protocole signé puis ensuite refusé.
La réponse quasi unanime des membres du Conseil d'Administration est ferme : Non, encore non et toujours non… Tout du moins pas sous cette forme, ni sous la pression !
Trois mois après le congrès historique de l'UNPF refusant le protocole pour la PDN, les élus de la vie associative pérennisent leur décision antérieure " Oui à la pêche de nuit sur le domaine public, mais à la condition expresse que celle-ci soit une demande réalisée départements par départements, par les carpistes eux-mêmes.
Et pour cela, il est nécessaire qu'ils s'impliquent dans les AAPPMA et émettent des vœux. Voici succinctement le message homogène des élus que nous avons interrogés.
Tous disent la même chose… la plupart en acceptent l'idée, mais pas à la " sauce Camou ". Il ressort également de cette enquête, que le Président de l'UNPF n'avait pas un seul instant supposé que les membres de son conseil d'administration refuseraient les recommandations de la commission interne carpe, ses conclusions, ses propositions et débouteraient la signature des mandataires de ce protocole.
Dans les faits, voici en détails, la chronologie des évènements.
Le 22 février 2002, au forum de Montluçon, Camille Solelhac fait la promesse aux carpistes présents de se préoccuper de l'ouverture de la pêche de nuit sur le domaine public.
Un bel espoir qui pendant quelques mois ne se concrétise pas dans les faits concrets. Mai 2002. Un certain nombre de pêcheurs, de notoriétés du monde de la carpe et de journalistes, décident de créer une structure pour faire avancer le dossier de la PDN. Ils font des propositions et argumentent pour la pêche de nuit généralisée et les moyens de lutter contre le trafic de carpes trophées. Juillet 2003 Hervé DELCROIX, président de la FFPC GN carpe, se retire du collectif " Corbas le 18 juillet 2002,
Je vous informe que je quitte le comité de pilotage de Camou. Il n'y a aucune manœuvre ni animosité à chercher dans ce geste. Simplement, j'ai jugé bon de me consacrer pleinement aux destinées de la FFPC GN Carpe qui m'occupent plus que largement ". Philippe LAGABBE devient le porte-parole officiel de CAMOU.
Pendant cette période, une charte déontologique est envoyée aux présidents des fédérations et un site Internet est ouvert : www.go-camou.fr Mais l' UNPF dans son ensemble n'accorde aucune confiance à un mouvement non structuré, donc non-représentatif de la vie associative.
Mais surtout l'UNPF n'aime pas les moyens utilisés par CAMOU. Le seul interlocuteur officiel reste la FFPC GN carpe... 15 août 2002. CAMOU décide de faire parvenir un dossier complet de 15 pages " dit béton " au président de l'UNPF contenant une lettre, un protocole et un argumentaire. Ce même courrier est expédié à tous les présidents de fédérations, au Ministre de l'Ecologie et du Développement Durable et au Conseil Supérieur de la Pêche. 20 août 2002. Camille Solelhac invite à Paris Hervé DELCROIX pour étudier un texte commun sur la PDN. Camou demande à être présent à cette entrevue. 16 septembre 2002. Une réunion qualifiée d'historique réunie autour de la table des négociations la commission nationale carpe de l'UNPF et son président Camille SOLELHAC, Hervé Delcroix pour la FFPC GN carpe, Olivier BERNASSON, Eric DEBOUTROIS, Stéphane GONZALES et Daniel LAURENT pour CAMOU. L'UNPF propose son propre protocole et refuse de se laisser imposer par CAMOU un texte de propositions. Les représentants de CAMOU acceptent le protocole de l'UNPF qui reprend dans les grandes lignes ses propres préoccupations, à l'exception d'un paragraphe concernant le transport de poissons vivants.
L'UNPF affirme que ce sujet doit faire l'objet d'une proposition du Conseil Supérieur de la Pêche. Les négociateurs signent le protocole et trinquent autour d'une coupe de Champagne cette avancée. Camille SOLELHAC demande instamment aux protagonistes de ne pas dévoiler le contenu du protocole avant le congrès du 24 novembre.. Pour le reste, il fait confiance à son influence sur le Conseil d'Administration pour entériner ce protocole. 15 octobre. CAMOU apprend incidemment que le Conseil d'Administration a refusé le protocole. Une autre mouture du texte original sera proposé au Congrès. Colère des membres de CAMOU et des 6000 signataires de la pétition pour la PDN. CAMOU fait parvenir un nouveau courrier aux présidents des fédérations pour condamner le revirement de l'UNPF. Camille SOLEHAC explique cette défaite par la divulgation du protocole par les membres de CAMOU. Après une recherche minutieuse, Daniel LAURENT découvre que le texte original du protocole a été reproduit intégralement par René LACAZE dans la Gazette de la Pêche et de l'eau, organe proche de l'UNPF… le 4 octobre ! 25 octobre. Vincent RONDREUX dans les pages officielles du Pêcheur de France, dévoile également les grandes lignes de ce protocole. La preuve est faîtes, ce n'est pas le mouvement CAMOU qui a dévoilé le contenu du protocole qui devait rester confidentiel jusqu'au Congrès du 25 novembre.
26 octobre. CAMOU décide de mettre le protocole en ligne sur son site. 3 novembre. Le mouvement s'interroge sur l'opportunité de créer une manifestation de masse à la Mutualité le jour du Congrès. Philippe Lagabbe décide de ne pas manifester et offre ainsi une autre chance à l'UNPF pour entériner le protocole.
14 novembre. Les responsables de CAMOU décident de créer des antennes départementales pour relayer les informations et dynamiser le mouvement. 24 novembre. Avant la conférence de presse officielle, Daniel LAURENT interroge le président SOLELHAC sur le vote du congrès pour ou contre la PDN : Les présidents de FD ont refusé en bloc la modification de la pêche de nuit... la législation actuelle reste en vigueur ! Ils refusent le coup de force de Camou et le courrier de Monsieur Lagabbe adressé à toutes les FD. Cette personne a prit le problème par le mauvais bout... Je reste convaincu que la PDN et une bonne chose, mais pas de cette manière... Le président explique les choses différemment notamment sur la chronologie des faits et il considère que c'est CAMOU qui a dévoilé sur Internet les termes du protocole. En conséquences, devant le fait accompli, les présidents ont donné raison au C.A et voteront contre le protocole pour la généralisation de la pêche de nuit sur le domaine public.
Afin d'éviter que ceci ne fasse l'objet d'un décret, L'UNPF demande à Roselyne BACHELOT qu'aucun texte ne puisse modifier les règles actuelles... avant 5 ans !
La pêche de nuit est visée, mais pas seulement. Les relations avec les pêcheurs professionnels et les pêcheurs amateurs aux engins et filets sont très tendues. Le président de l'UNPF n'est pas tendre avec les membres de CAMOU, affirmant que le monde des carpistes est peuplé d'intégristes... et que certains revendent leurs poissons 25 novembre. Pour le CAMOU, l'échec du protocole est l'issue du combat entre la Politique et la Passion. Le mouvement décide désormais de faire les choses politiquement mais avec passion. 26 novembre. CAMOU décide de mener une action éclatante au printemps rassemblant un maximum de carpistes sur un site. 28 novembre. Certains membres du collectif, quittent le mouvement pour mener le combat sur autre un projet fédérateur. Ce projet veut rassembler tous les mécontents qui n'acceptent pas le gel de la loi pêche pour 5 ans. 14 décembre. CAMOU décide de devenir une association de loi 1901. Son fonctionnement interne s'appuiera sur les responsables départementaux du mouvement afin de mieux connaître les avancées de la PDN dans les fédérations, mais aussi pour mobiliser rapidement ses troupes le cas échéant. Dans le même, des relations internationales se créent pour créer un réseau à l'échelle européenne. Les structures similaires à CAMOU sont le VBK et l'UCB en Belgique, ECHO en Angleterre, KSN en Hollande auxquels il faut ajouter les Luxembourgeois et deux structures Italiennes.
Une autre structure devrait voir le jour en Allemagne Ces contacts devraient permettre une lutte plus efficace contre le trafic de poissons mais aussi une collaboration plus intense sur les plans politiques.
Le projet de la pêche de nuit est-il définitivement enterré ? Les carpistes semblent rebondir pour mieux contre-attaquer… Mais comme le dit Camille Solelhac " est-ce la bonne méthode ? ".
Daniel LAURENT
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