| Textes et photos de Daniel LAURENT du magazine PECHE RECORD d'octobre 2001 Avec l'aimable autorisation des Éditions Neptune Diffusion

Mon coéquipier et ami, Olivier COUDERC, est d'origine parisienne. Il pratique régulièrement sa passion, la traque du silure dans l'Oise (Conflans St Honorine) et dans les bras de la Seine. Ceci ne l'empêche pas tous les ans de me revenir, pour des sorties épiques et chaleureuses sur ce qu'il appelle " le paradis du silure " le Petit Rhône.Le Petit Rhône, un long fleuve tranquille, qui m'a toujours réussit, comme il a souvent dépité tous les spécialistes qui l'ont pêché, à l'exception toutefois de Thomas FLAUGER. Olivier COUDERC est un sacré pêcheur qui possède de nombreux trophées à son actif, dépassant souvent les deux mètres. Il m'est difficile d'en faire l'inventaire. Pour mémoire je ne citerais que son fabuleux silure de 2,30 m sur le Rhône en 1996, et qu'il n'a jamais homologué. Toujours à la recherche de nouvelles sensations, il vient récemment de découvrir un parcours inédit (qu'il juge extraordinaire) en Espagne, et possédant des silures si nombreux que le pêcheur peut choisir son poisson à loisirs !... Spécialiste de l'ombre, ignoré du grand public, alors que son nom est souvent évoqué par les maîtres de la discipline, il m'a semblé nécessaire de vous faire découvrir à travers le récit d'un combat mémorable, ce sacré bonhomme qui se déclare être atteint de " silurite aiguë ".
"Ca y est, vous venez d'avoir la touche, immédiatement sanctionné par un ferrage. Le poisson donne alors des coups de tête, en tournant autour du bateau. Cela n'a pas l'air bien gros, car la canne conserve encore une petite réserve de puissance. Contentez-vous de maintenir une pression ferme sur le poisson, sans chercher à le faire monter. Le bateau tourne alors sur lui-même... Cela fait trois ou quatre minutes que le poisson évolue à l'aplomb du bateau, il a même tendance à décoller lors des pompages. Il évolue maintenant entre deux eaux. Vous tentez alors un nouveau pompage et là, le poisson semble enfin comprendre ce qui lui arrive et c'est le rush... 10, 20, 30 mètres de tresse quittent le moulinet en quelques secondes.
Vous démarrez le moteur à la poursuite de ce poisson. Il s'arrête, vous remettez la pression et aussitôt le poisson réagit par une nouvelle fuite ponctuée de grands coups de queue dans la ligne.
Puis il part irrésistiblement vers le milieu du fleuve, certes lentement et mais sans aucun à coup. Le bateau est alors littéralement traqué par ce poisson que vous n'avez pas encore vu ! Le poisson ne réagit plus aux pompages, vous avez l'impression d'être accroché au fond... mais un fond qui se déplace !... Cinq bonnes minutes se sont maintenant écoulées et le silure conserve toujours la même attitude. Il faut contenir la pression, mais sans brutalité.
Puis votre silure devient un peu moins lourd. Vous le décollez d'un ou deux mètres... qu'il vous reprend aussitôt. Ce petit manège peut durer quelques minutes, mais le poisson se fatigue et consent à décoller. Des bulles viennent crever la surface, il dégaze et est maintenant tout proche. Déjà vous apercevez le mucus sur la tresse, mais le poisson résiste toujours, il ne veut pas se monter. Soudain il cède, il est là, à quelques mètres de vous... immobile, un vrai, un gros !... Le premier contact avec le gant lui redonne un peu d'énergie et il repart pour céder à nouveau. Votre équipier le saisit à deux mains par la mâchoire, pouce dans la bouche. Le poisson tente de fuir une nouvelle fois en tournant sur lui-même, mais cela ne dure que quelques secondes, il se rend et ne bouge plus. Vous pouvez maintenant le tracter jusqu'au bord (sans le monter dans le bateau) et vous l'encordez pour qu'il puisse reprendre ses esprits pendant que vous préparez le tapis de réception, le mètre et l'appareil photographique. Je suis certain, maintenant qu'il est hors de l'eau, qu'il vous semble encore plus gros que tout ce que vous imaginiez dans vos rêves les plus fous. C'est très sûrement votre record !... " "
Merci à mon ami Olivier COUDERC, pour les moments extraordinaires que nous partageons, sa grande disponibilité et sa gentillesse infinie.
Daniel LAURENT
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