| Analyses et commentaires de Daniel LAURENT du magazine CARPE RECORD N° 11 Avec l'aimable autorisation des Éditions Neptune Diffusion

Les embarrassants carpistes ont bouleversé la quiétude institutionnelle en réclamant une modification de la loi pêche afin d'obtenir la pêche de nuit totale en deuxième catégorie du domaine public. L'Union Nationale pour la Pêche en France, s'interroge sur leur comportement. Une enquête, lancée par la FFPC nous donne quelques clés pour mieux comprendre ce phénomène de société et l'implication des jeunes dans l'avenir de la pêche associative.
Rien n'avait changé de l'an 800 jusqu'en 1994 où à la suite d'une pétition menée par de nombreux carpistes. 3000 signatures avaient été présentées à l'Union Nationale, qui avait déjà entamé une réflexion devant aboutir à la modification du Code Rural et permettre sur proposition des AAPPMA et des fédérations, l'instauration de secteurs de pêche de nuit, relevant de l'autorité du préfet.
Problèmes et dossiers au quotidien.
Les 25 et 26 novembre, l'UNPF planchait sur plusieurs dossiers importants :
- L'invasion et la sédentarisation des cormorans
- L'immuable problème des microcentrales.
- Le financement du Conseil Supérieur de la Pêche.
Dans la lettre mensuelle de l'UNPF, « pêche contact » de novembre 2001, Camille Solelhac demandait aux fédérations de montrer un front uni devant les grandes options qui sont posées à la pêche associative.
Or bien que la généralisation de la pêche de nuit n'ait pas été inscrite dans les priorités, un dossier de quatre pages était néanmoins consacré aux carpistes (signé entres par Bernard Breton) sur l'image qu'ils génèrent et leur implication, notamment celle des jeunes, dans la pêche associative.
Elle révèle un antagonisme latent entre la conception innovante des techniques des carpistes face aux pratiques obsolètes, entre les incidences économiques récupérables et la redistribution des espaces délaissés vers d'autres nouvelles appropriations.
Les carpistes français, las d'être parqués et rackettés, voudraient bien pêcher en toute tranquillité.
Interpellée, L'UNPF rappelle fort justement que suite à la précédente demande des carpistes "cette période a permis de tester sur le terrain les conditions de cette pratique de nuit mais que la pêche a évoluée avec la société et que l'on constate un véritable engouement de cette pratique qui se traduit par un nombre grandissant d'adeptes notamment chez les jeunes"
Le Président Camille Solehac reconnaissait ainsi implicitement qu'il convenait à nouveau de tendre l'oreille et d'accueillir la jeunesse carpiste, dont certains seront les décideurs de la pêche de demain !
Une grande enquête dépréciée à 39/100.
Ne voulant pas prendre de décision hâtive, l'UNPF a commencé par créer un groupe de travail avec la FFPC (groupement national carpe), incluant en chemin un collectif de carpistes, internautes et un peu provocateurs, pour mener une analyse de terrain.
Cette initiative a permis d'affiner la perception du « monde carpiste » par les pêcheurs au sein des fédérations.
Après recueil des résultats d'une enquête lancée par Hervé Delcroix et Jean Di-Ruzza, en direction des 92 fédérations de pêche, les résultats sont édifiants. Sur les 57 fédérations ont accepté de répondre au questionnaire établi, (soit 61/100), un constat s'impose en faveur des carpistes : le développement potentiel des ressources financières des loisirs pêche, implique de nouvelles concessions intrinsèques des dirigeants, face aux pratiquants qui réclament moins de contraintes institutionnelles.
Mais cette renonciation partielle du « droit décisionnaire » pourra-t-elle se faire autrement que dans la douleur ? Peu d'institutions acceptent d'être fustigé par leur base. Suite >
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