| Analyses et commentaires de Daniel LAURENT du magazine CARPE RECORD N° 11 Avec l'aimable autorisation des Éditions Neptune Diffusion
 (Suite)
Analyses de la perception des carpistes au sein des fédérations.
La perception de l'essor de la pêche sportive de la carpe qui intéresse une population de jeunes pêcheurs est ressentie de manière largement positive. Cet aspect positif de l'enquête démontre que les carpistes sont déjà considérés comme porteurs de l'avenir de l'activité pêche, tout en constatant qu'ils ne sont pas encore réellement impliqués dans la vie associative. Les jeunes carpistes sont bailleurs de ressources financières, ces recettes compensant actuellement le « manque à gagner » engendré par l'abandon progressif de la pêche en première catégorie.
Toujours d'après cette enquête, la pêche sportive de la carpe contribue à donner une meilleure image de la pêche en France (85/100).
On note que l'inquiétude des responsables associatifs paraît davantage tournée vers le comportement des pratiquants ( qui pourraient servir ou défavoriser le tourisme pêche) plutôt que vers les ressources piscicoles de la pêche de la carpe. La suite de l'enquête démontre cette inquiétude latente, met en exergue les désagréments plutôt que les facteurs positifs de l'activité.
Les reproches des présidents fédéraux.
Environ 30/100 des fédérations émettent de nombreuses critiques sur le phénomène carpiste, sans que l'on puisse les distinguer de celles adressées à l'ensemble de tous les pêcheurs, toutes techniques confondues.
Il serait d'ailleurs inconvenant d'énoncer de tels constats sans faire de parallèles avec les autres pratiques, corporatistes ou individuelles. L'occupation permanente des postes de pêche et la monopolisation des espaces naturels revient fréquemment. Pourtant, celle-ci n'est pas l'apanage "que" des carpistes.
Il conviendrait aujourd'hui de redéfinir l'occupation de l'espace des lignes tendues, des filets des pêcheurs professionnels et des embarcations de jour comme de nuit. La pêche du carnassier, à plusieurs cannes, au vif ou au mort posé, a ses inconvénients. A contrario, les carpistes ont su aménager l'espace par l'utilisation des rods-pod, s'intégrant ainsi dans l'esprit de la loi qui stipule que les cannes doivent être à portée de main.
Autres reproches, la dégradation des sites et la pratique du camping sauvage qui proviennent davantage d'un manque de structures d'accueils, d'accès sécurisés et de moyens légers de protection de l'environnement (containers et tris sélectifs). Ce ne sont pas des faits nouveaux et l'abandon des déchets n'est pas l'apanage (encore une fois !) des carpistes. D'autres activités de plein air sont aussi vecteurs de pollutions : randonnée pédestre - chasse - pique-nique - cyclotourisme - agriculture - véhicules volés etc... Finalement tous les utilisateurs de l'eau et des berges sont impliqués dans ce constat alarmant.
Mais il est vrai qu'une obligation réglementaire concernant les emballages des articles de pêche en matière biodégradable pourraient limiter ces préjudices visuels de nos parcours, provoqués par quelques pêcheurs peu scrupuleux. Il serait prudent que les fabricants fassent déjà le premier pas avant que notre ministère de tutelle s'empare du dossier des emballages perdus ! Déjà certains signes ne trompent pas.
Les nuisances sonores sont également évoquées.
Nous savons parfaitement que le comportement de certains (de jour comme de nuit), altère l'image de l'ensemble, mais encore une fois, pas uniquement les carpistes ! L'utilisation massive des amorces et l'élitisme induit par le coût financier des matériels posent également question. En réalité c'est la compétence des pratiquants dans ces techniques de pêche différentes, qui irrite et leur philosophie : les carpistes remettent leurs prises à l'eau. Ceci nous rappelle, il y a quelques années, les récriminations des pêcheurs de truites face aux pêcheurs à la mouche ! Ces derniers prenaient plus de poissons et le matériel était déjà jugé dispendieux. L'aspect cognitif de l'amorçage nous rappelle cette époque.
En ce qui concerne le coût du matériel, il existe dans toutes les disciplines sportives des excès financiers et des particularités individuelles. Ce n'est pas l'énorme marché de la pêche et les emplois induits qui s'en plaindra.D'emblée, précisons que la pratique basique de la carpe, n'est pas plus chère qu'un autre mode de pêche : Ensemble canne et moulinet pour 199 F - le détecteur de touches à 99 F et un rod-pod à moins de 250 F Dans le même magasin une canne à truites aux appâts naturels peut atteindre 2000 F et un ensemble carnassiers de très bonne qualité environ 1000 F.
Comparons donc ce qui comparable. < Retour | Suite >
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