| Textes et photos de Daniel LAURENT du magazine MIDI LIBRE du samedi 24 novembre

Au coeur de la France, en terre de contrastes, la Lozère est riche de nombreuses rivières enchanteresses. L'une d'elles, la Mimente abrite des truites remarquables de beauté mais d'une grande prudence. Un paradis pour les pêcheurs à la mouche.
La principale qualité d'une rivière sauvage est sa limpidité, sa fraîcheur et sa vivacité. Ces éléments naturels réunis feront que cette rivière abritera, ou n'abritera pas, la reine de nos eaux sauvages : Dame Truite Fario. Que cette eau devienne pauvre en oxygène, que sa turbité soit mise en défaut, et immédiatement la souche salmonicole en sera affectée. Joyau de nos rivières cévenoles, la truite a été de tous temps adulée pour sa joliesse sauvageonne et sa chair au fumet si délicat. Les camisards hier, les moucheurs aujourd'hui, arpentent la Mimente à la recherche de la belle mouchetée qui fuit à la moindre approche suspecte. Ne vous approchez pas de l'eau... elle saura vous déceler et avertir dans sa fuite agile de vif argent ses semblables, mais également tous les hôtes de ces bois.
J'assure qu'une truite en escapade alarme l'oiseau sur la branche et... vice et versa ! L'amont de la Mimente est encore peuplé de truites farios qui cohabitent avec de turbulents vairons. Ces eaux sont très claires et les accès sont difficiles, ce qui explique certainement le nombre important de véritables truites autochtones en sursis.
L'approche et l'invisibilité du pêcheur sont deux qualités primordiales qui, combinés avec une irréprochable présentation de l'appât de manière naturelle, offrent quelques chances de succès, sachant que plus le poste est difficile... plus la truite sera belle ! Cette rivière, entre ses sautes et ses lisses, offre une telle multitude de caches que seule cette approche discrète permet de détecter sa présence. Les maîtres en la matière, sont les pêcheurs à la mouche, qui dans la pratique ont la fluidité du déplacement et l'art d'offrir l'insecte factice au baiser du poisson. Tout l'art de la pêche à la mouche réside dans cette approche et dans cette offrande. La Mimente, rivière généreuse, parfois tumultueuse, n'est pourtant pas accessible et fructueuse toute l'année. Malgré tout je vénère le jour de l'ouverture qui est comme une délivrance après les longs mois d'hiver. Même si la saison peut paraître longue, un jour vous constaterez avec regret que c'est déjà fini ! Mais Dame Truite sera encore là et fécondera... si vous lui en laissez le temps
Daniel LAURENT  

La Mimente se cache dans les gorges qui bordent la route de la Barre des Cévennes pour plonger vers Florac. Avant de rejoindre cette ville située au pied des falaises dolomitiques de Rochefort, elle se joindra au Tarnon pour grossir ses eaux et gonfler le Tarn. Les moucheurs passionnés sauront goûter ces brefs instants de calme et de sérénité loin des bruits, du monde... et des gens pressés
La pêche en Lozère est réglementée. Nul ne peut pratiquer la pêche s'il n'est possesseur d'une carte de pêche en cours de validité et le pêcheur devra avoir acquitté les timbres fiscaux. La réglementation complète est disponible chez les revendeurs agréés. La Fédération de la Lozère propose une cassette vidéo très instructive sur les principaux cours d'eaux de ce département, qui possède près de 2700 kilomètres de rivières en première catégorie. Avec ses très belles images des Causses, de Meyrues a Nasbinals, de Villefort à St Chély d'Apcher, les rivières cévenoles s'offrent à vous. Pour tous renseignements : Fédération de Lozère, 12 Avenue Paulin Daudé 48000 MENDE Tél : 04 66 65 36 11. E-mail : infos@peche48.com
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