| Comment obtenir la pêche de nuit ?
par Daniel LAURENT paru dans Carpe Record n°18 mars-avril 2003 Avec l'aimable autorisation des Éditions Neptune Diffusion Après une minutieuse enquête, nous pouvons affirmer que c'est sur le procédé utilisé que les élus se sont " rebiffés ". Sans être totalement hostile à cette idée, les présidents des fédérations demandent que le fonctionnement associatif soit respecté.
Plus que le fond, c'est la forme qui a fortement déplu aux élus. Ils sont tous unanimes sur un point : CAMOU a transgressé le principe démocratique de la pyramide associative en voulant aller trop vite dans le projet de pêche de nuit de la carpe sur le domaine public et en voulant mettre les présidents de fédérations devant le fait accompli. Pour obtenir cet accord, Camille Solelhac a lui aussi trop préjugé de son autorité sur le C.A… et cela, les présidents ne l'ont pas accepté.
Il est certain que le Président de l'UNPF était de bonne foi quand il a signé ce protocole, le 16 septembre, mais les explications données à l'issue du congrès sur la rebuffade du CA ne sont pas un seul instant plausibles.
La divulgation du protocole avant la date échue, n'est pas l'œuvre des membres de CAMOU ou de la FFPC GN carpe, mais bien d'une "fuite" rue Bergère. Notre "Chronologie de l'échec de la pêche de nuit…" démonte de façon éclatante le bien fondé de cette affirmation. Mais bon! … Chacun y trouvera ce qu'il veut bien croire ! . En ce qui concerne les déclarations de quelques futurs candidats au poste de président de l'UNPF, "c'est beaucoup mieux que si c'était moins bien !".
Quelles sont désormais les perspectives qui permettraient d'aboutir à la revendication des carpistes ?Propos recueillis par Daniel LAURENT paru dans Carpe Record n°18 mars-avril 2003 Avec l'aimable autorisation des Éditions Neptune Diffusion Le premier élément de réponse est déjà tout un programme : pourquoi "que" les carpistes ? Lorsque les carpistes ont fait cette demande officielle au Forum de Montluçon, Robert DUBRIONT a quitté la salle en lançant " Moi je vais créer un mouvement pour la pêche de nuit de…l'ablette ". Il est bon de rappeler que R.Dubriont est vice-président de l'UNPF.
Dans le même temps, les pêcheurs de carnassiers revendiquent aussi ce droit.
Pour avoir un aperçu de cet avenir, et quelles seraient les " bonnes méthodes " voici les réactions de quelques membres du Conseil d'Administration actuel de l'UNPF.
Claude BULTEL, Président de la fédération de l'Oise.
Daniel LAURENT : Quel est votre sentiment sur la généralisation de la pêche de nuit ? Claude BULTEL : Je ne puis faire plus dans mon département, puisque la totalité du domaine public est en pêche de nuit. Si vous suggérez que ceci pourrait se généraliser partout en France, oui, pourquoi pas !
Néanmoins si je suis favorable à cette perspective, elle doit être soumise aux présidents fédéraux de manière positive et non pas comme CAMOU l'a fait pour obtenir ce protocole, par des propos agressifs.
Si Camille Solelhac nous a présenté cette demande en des termes également favorables, le vote du refus au congrès doit être compris comme l'expression d'élus qui ne veulent pas que les choses soient imposées, mais qu'elles soient l'émanation des vœux de la base, le vœux de tous les pêcheurs.
Patrick CORMIER, Président de la fédération d'Indre et Loire.
Daniel LAURENT : Comment expliquez-vous le refus du congrès ? Patrick CORMIER : C'est un problème de lois, de responsabilités des élus fédéraux et de non implication des carpistes dans les AAPPMA.
Le droit de pêche est accordée aux associations agrées ( les AAPPMA ). L'UNPF ne peut en aucun cas décider et faire appliquer quoi que ce soit aux gestionnaires s'ils ne sont pas d'accords. L'Union Nationale n'a pas le pouvoir d'ordonner mais celui de proposer, de recommander aux administrateurs. C'est tout.
Je ne suis d'ailleurs pas certains que de permettre la pêche de nuit soit une bonne chose. Ce ne sont pas majoritairement les carpistes qui font vivre les AAPPMA, ils ne s'impliquent jamais.
A C… sur Cher, ils ont laissés une AAPPMA mourir, alors qu'ils pouvaient prendre la présidence et le bureau. Ils veulent bien aller à la pêche de la carpe, mais les autres pêcheurs, ce n'est pas leurs soucis majeurs. Et la surprotection de la carpe ne veut rien dire quand on sait les problèmes que nous avons avec les pêcheurs professionnels. C'est un sujet dont personne ne parle, mais qui est beaucoup plus complexe. Daniel LAURENT : Nous pouvons peut-être tenter de comprendre. Patrick CORMIER : Le renouvellement des licences professionnelles est pour 2003 sur les baux de pêche de l'Etat, donc le domaine public. Les carpistes de nuit sont forcément des gêneurs… et les pêcheurs professionnels sont très influents auprès du ministère et notamment de la DIREN. Vous comprenez ? Daniel LAURENT : Je crains de trop bien comprendre. Patrick CORMIER : CAMOU (et ses idées ) ceci est très sympathique, mais toutes les fédérations ne peuvent pas jouer franc-jeu, justement à cause de ces licences professionnelles.
Le danger est la privatisation des domaines publics.
A force de faire du bruit sur ces problèmes, d'écrire aux députés ou aux ministres, les pêcheurs vont passer pour des emm…. Nous risquons d'obtenir le contraire de nos désirs, c'est à dire la privatisation générale des eaux du domaine public par amodiations.
Le plus simple est faire la démarche AAPPMA par AAPPMA et les carpistes obtiendront des vrais parcours avec la bénédiction de leurs fédérations. Dans notre département nous avons créé 20 parcours accessibles et nous restons à l'écoute des carpistes qui s'impliquent dans les sociétés de pêche.
Robert DUBRION Président de la fédération de Saône et Loire
Daniel LAURENT : Comment analysez-vous l'échec de la PDN ? Robert DUBRIONT : Le président de l'UNPF c'est laissé abusé par un groupe de pêcheurs de carpes. Prendre ce genre de décisions est facile lorsque l'on doit gérer des eaux de première catégorie, la pêche y est fermée six mois de l'année. Mais lorsque l'on a la charge de 30.000 ou 40.000 pêcheurs les choses sont différentes. Je ne suis d'ailleurs pas hostile à cette possibilité. J'ai personnellement obtenu une dérogation, il y a quelques années, pour un enduro avec Fortuné JAGUELIN et les frères MAHIN.
Je suis, moi aussi un petit pêcheur de carpes, même si je vais moins souvent à la pêche. Mais je condamne les propos excessifs de CAMOU et la manipulation de ce mouvement par médias interposés. Je pense que c'est à la direction de l'UNPF de faire des propositions aux Comités Régionaux, puis aux fédérations et enfin aux AAPPMA pour connaître le désir réel des pêcheurs. Daniel LAURENT : Quelle est votre opinion sur la formation du Conseil d'Administration ? Robert DUBRIONT : L'Union nationale doit être considérée comme le syndicat des fédérations. L'époque Napoléonienne a vécut ; Il faut changer les structures et redonner à chacun sa place. Le Conseil d'Administration devrait être composé des 7 présidents régionaux et de 7 personnes reconnues pour leurs compétences.
Le poste de président doit revenir au plus ancien. Daniel LAURENT : Etes-vous candidat à ce poste ? Robert DUBRIONT : Je prends deux jokers. Le premier concerne mon éventuelle candidature à ma réélection fédérale et le second pour répondre à votre question. Il est trop tôt pour en faire état.
Claude ROUSTAN Président de la fédération des Alpes de Htes Provence.
Daniel LAURENT : Comment analysez-vous le refus du protocole ? Claude ROUSTAN : Nous n'avons pas de réels soucis dans le Sud et encore moins dans mon département. Notre gestion ne pose aucun problème avec les carpistes locaux et nous avons déjà augmenté sensiblement le nombre de parcours pour la pêche de nuit notamment dans les retenues EDF. Ce protocole a été mal négocié et il a heurté les présidents fédéraux. Je considère qu'il faut mettre en place de véritables négociations avec les carpistes de base, par le principe associatif des AAPPMA. Cela pourrait se réaliser très vite. Daniel LAURENT : Très vite, c'est quoi réellement ? Claude ROUSTAN : Plutôt que d'obliger les AAPPMA à ouvrir des parcours, il faut demander aux AAPPMA quels sont les parcours susceptibles d'être ouvert à la pêche de nuit. Disons que moins de deux ans suffisent pour faire l'inventaire et que les décisions pourraient être prisent par le Congrès de 2004. Ce ne sont pas les menaces de CAMOU qui feront avancer les choses, bien au contraire. Même les présidents qui sont favorables à la PDN refuseront toujours d'être mis devant le fait accompli. Alors, même si les revendications des carpistes sont légitimes, elles ne seront légitimement accordées que par la concertation et uniquement cela. Daniel LAURENT : Vous avez la stature d'un futur président à l'UNPF.Vous êtes candidat ? Claude ROUSTAN : J'ai annoncé à la réunion du bureau de l'UNPF que ma candidature serait probable.
Auparavant je dois être reconduit dans mes fonctions fédérales pour prétendre à ces hautes fonctions.
Je prendrais ma décision fin avril et vous serez l'un des tous premiers avertit.
Daniel LAURENT
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