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 Paru dans le numéro 10 de CARPE RECORD Avec l'aimable autorisation des Editions Neptune Diffusion. Texte et photos de Daniel LAURENT.
Mouvement | Interviews | Le net mord à l'hameçon
Le mouvement demandant la généralisation de la pêche de nuit, a provoqué de nombreuses réactions convergentes chez les dirigeants de la pêche associative, mais qui demandent... à voir ! La complexité des requêtes, parfois contradictoires, interpelle les élus associatifs et le trépied de l'organisation de la pêche en France. La réglementation vient s'ajouter à cet imbroglio statutaire.
Tout n'est pas simple. La proposition des signataires du projet, se heurte tout d'abord à un semblant de surprise, alors que ce conflit couvrait à petit feu depuis déjà de longues années. Il est donc logique que les élus associatifs utilisent les faiblesses du groupe pour, sinon contre-attaquer, du moins déstabiliser la cohérence de la demande et s'appuyer sur la complexité du dédale réglementaire de la pêche en France. Le groupe de carpistes, se réclame porteurs des souhaits des 300.000 pêcheurs... Dans d'autres courriers, ce chiffre oscille entre 30.000 et 60.000 pêcheurs. Quelle est la réalité ? Ceci à réellement peu d'importance, puisque ce mouvement veut provoquer la chute d'une loi obsolète, datant l'an 800 et qui répond à une réelle demande émanant de la grande majorité des pêcheurs. C'est bien ce nouveau côté imprévisible du sujet qui pose problème et qui aussi doit prendre désormais en compte ce facteur généraliste de la pêche de nuit, toutes techniques confondues. Les autres pratiquants s'élèvent sur " l'élitisme " des carpistes et réclament à leur tour, le droit de pêcher la nuit : " il n'y à pas que la carpe " disent les pêcheurs amateurs d'anguilles et de carnassiers. S'il est vrai que ceux-là ne sont pas vraiment organisés, il est prudent de les écouter. Quoi qu'il en soit, les élus associatifs se veulent être à l 'écoute de tous les pêcheurs, (ce qui est leur rôle), et n'obtempéreront pas sur l'envoi d'un simple E-mail ou d'une envolée de courriers. C'est donc " toute la base qui devrait se mobiliser " pour obtenir des résultats concrets.
L'autre volet encore flou de cette requête, relève des zones définies à la pêche de nuit sur tout le territoire. Domaine privé ou domaine public ? Rien n'indique dans les textes transmis cette distinction, qui a pourtant une importance capitale.
S'il s'agit du domaine privé. Dans le domaine privé (à ne pas confondre avec les eaux privées) les baux de pêche sont accordés par les riverains aux AAPPMA.
Elles seules décident ensuite de l'usage et de la pratique qu 'elles offrent à leurs membres. 1/ Certains parcours existent déjà, avec tous les problèmes environnementaux que cela impliquent. Des parcours de pêche de nuit sont créés, d'autres sont fermés. La bêtise de quelques-uns dévalorise l'image des autres et tout le monde est pénalisé. 2/ Ceci pose un autre problème : si des exactions sont commises dans les propriétés, ces mêmes propriétaires riverains annuleront l'autorisation de pêche sur leurs berges et ceci de jour comme de nuit ! Les AAPPMA, redoutent cette éventualité, et à juste raison. 3/ Les AAPPMA forment le conseil d'administration des fédérations. Ce conseil est donc logiquement la base représentative des pêcheurs. Quels sont réellement les pêcheurs qui s'investissent dans cette vie associative ? 1 sur 100, sur 500, sur 1000 ? Combien de carpistes ? Comment peut-on faire basculer un vote sur ces bases démocratiques ? L'implication associative semble être la seule réponse statutaire. 4/ Les fédérations constituées des représentants des AAPPMA(s), forment l'Union Nationale, qui à son tour élit un conseil d'administration et un bureau. Pour obtenir gain de cause sur un tel sujet, il devient évident que le chemin est long.
5/ Bien entendu l'Union Nationale peut faire des propositions, mais puisqu'elle est l'émanation de la volonté des pêcheurs dans les AAPPMA, via... les fédérations, le serpent se mord la queue... Car il est nécessaire que ces souhaits soient ratifiés par l'ensemble de la pyramide... Depuis sa base jusqu'à sa pointe. Subséquemment l'Union Nationale, en ce qui concerne le domaine privé, peut effectivement émettre des vúux, mais ils ne s'agiraient que de voeux pieux.
S'il s'agit du domaine public. La question est différente, puisque par quintessence, il s'agit des eaux et des berges appartenant à tous (dans certaines limites) et par des accords hétérogènes provenant directement de l'Etat, du Conseil de Région, d'EDF etc... L'accord de la fédération sera également demandé, mais le Préfet et le Tribunal Administratif pourraient trancher en cas de désaccord. Le Conseil Supérieur de la Pêche donnera son avis, au cas par cas, éventuellement de manière globale, auprès de son ministère de tutelle. Nous avons à faire dans ce cas précis à l'incontournable " trépied " de l'organisation de la pêche : La Direction de l'eau, Le CSP et l'Union Nationale, et rien ne pourra réellement se faire sans l'accord de ce triptyque institutionnel. Ceci ferait également l'objet d'un texte réglementaire proposé au Conseil d'Etat qui devra lui aussi se prononcer et valider ou pas ce projet. Mais pourquoi tant de plaidoiries, puisque la pratique de la pêche de nuit existe déjà dans certains cours d'eaux bénéficiant de la réglementation... du domaine maritime. Rien n'est simple, comme je vous le disais au début de mon propos !
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