| Interview exclusive de Daniel Laurent Paru dans Le Midi Libre du 25/10/2003| Une taxe pour tous les utilisateurs de l'eau
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Claude Roustan propose un nouveau partage de la taxe piscicoleLe président de l'Union Nationale envisage la restructuration de tout le système de la pêche associative.
Lors d'un récent entretien privé avec Claude Roustan à Dignes les Bains, le président de l'Union Nationale m'a déclaré qu'aujourd'hui le principe de la pêche associative avait vécu, qu'il fallait modifier tout le système et envisager le partage actuel de la taxe piscicole entre tous les utilisateurs !
Cette véritable révolution voulue par le nouveau président de l'Union Nationale, écarte de cette nouvelle gestion le Conseil Supérieur de la Pêche épinglé récemment par la commission du Sénat sur ses missions et ses difficultés financières constantes (voir Midi Libre du samedi 13 septembre). Face ce constat d'échec de la gestion financière du CSP, de la modification de ses rôles et missions, l'Union Nationale change de cap et veut tenir à l'avenir un rôle beaucoup plus évident auprès de l'Etat. Ainsi le discours d'hier est désormais obsolète et Claude Roustan, le nouvel homme fort de la pêche en France, a bien l'intention de gérer au mieux les intérêts des pêcheurs.
L'Union Nationale fait donc ses propres propositions, insiste sur une nouvelle autogestion des pêcheurs avec le soutient de l'Etat même si elle s'inquiète évidemment sur l'avenir du personnel du CSP. Claude Roustan envisage la création d'une agence des milieux aquatiques qui emploierait ce personnel compétent.
Ceci dit, le problème qui préoccupe l'Union Nationale est avant tout son autofinancement, et là, Claude Roustan a ses idées : "nous sommes amenés à faire des propositions lors de réunions périodiques avec le ministère et les agences de l'eau pour étayer les conditions de cette grande réforme. Nous désirons que soit maintenu dans la loi, le fait d'adhérer à une AAPPMA pour pouvoir pêcher. Partant de là, la pêche associative peut s'organiser et d'ores et déjà je puis vous assurer que le montant de la cotisation va diminuer..."
Claude Roustan refuse donc l'idée d'une taxe piscicole supplémentaire (la taxe actuelle n'est d'ailleurs toujours pas constitutionnalisée), mais propose au contraire que cette taxe soit prélevée par les organismes et établissements publics de l'Etat. Ainsi les agences de l'eau se substitueraient au système actuel.
Claude Roustan veut d'ailleurs aller plus loin dans cette nouvelle redistribution des utilisateurs de l'eau : compte tenu de la situation actuelle, (déficit constant des recettes et lente dégradation des milieux aquatiques) les taxes des activités liées à l'eau ne devraient plus être uniquement supportées par les pêcheurs mais au contraire par tous les utilisateurs, c'est-à-dire cultivateurs, entreprises, rafteurs, kayakistes, pêcheurs en closes et parcours privés, bref... tous ceux qui utilisent cette ressource ! Ce que nous faisons déjà tous individuellement : vérifiez le montant des redevances pour l'épuration de votre quittance d'eau domestique !
Cette taxe ne serait donc plus anticonstitutionnelle, serait calculée à un prix raisonnable et permettrait de financer une nouvelle agence des milieux aquatiques.
Dans cette optique, l'Union Nationale des fédérations pourrait proposer pour 2005 une cotisation qui serait calculée sur une base de 20 euros . Entre canicule de l'été, inondations de l'automne et lente dégradation des ressources piscicole, cette grande idée séduit beaucoup Roselyne Bachelot et on dit déjà que cette réforme aurait bien les faveurs ministérielles.
Suite de cet entretien prochainement.
Réformes : l'implication de tous les acteurs de la pêche.
Daniel LAURENT
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