|
|
| 
 Paru dans le quotidien MIDI LIBRE du samedi 27 octobre 2001 Texte et photos de Daniel LAURENT.
La brusque montée des eaux ou le marnage des retenues d'eaux... des atouts favorables pour les pêcheurs de carnassiers. Perches et brochets seront au rendez-vous, mais plus encore le sandre, qui profite des poissonnets désemparés dans la tourmente de ces modifications ponctuelles. Ceux qui n'ont pas résisté aux courants violents, sont moribonds, posés sur le fond. Plat de roi pour le sandre, sublime carnassier à la chair exquise. Les perches profitent également de cette manne providentielle, et le pêcheur saura exploiter de ces courts instants pour réaliser de belles bourriches de poissons décents en poids mais, en prédateur raisonnable, devra se limiter dans le nombre de prises.
Je plains sincèrement ceux qui ne songent qu'à remplir les congélateurs ! Que devient le plaisir des sens dans tout cela, lorsqu'il est évincé par la rentabilité effrénée et toujours sans bornes ? Plus et encore plus !
D'ordinaire le sandre tue, puis mange ensuite ceux qui n'ont pas résisté aux attaques foudroyantes et souvent désordonnées des petits sandrillons. La pêche au poisson mort donnera donc d'excellent résultats, mais les appâts devront être de tailles raisonnables. Un gardon de 6 à 8 cm suffit largement pour notre Stizostedion Lucioperca qui possède une vue extraordinaire dans les fonds ténébreux ou opaques.
Au poisson mort, esché votre appât par la bouche supérieure sur un hameçon numéro 4 fort de fer et bloquez l'ardillon avec un pépère. L'olivette coulissante buttera sur une perle de caoutchouc et protègera le nœud fixant l'émerillon. Corps de ligne en 24/100, fil très détendu, afin que ce poisson soupçonneux ne détecte pas le piège.
Le JIG au manié, sur monture Drachkovitch est tout indiquée. Elle est très efficace sur les profonds de 2 à 5 mètres. La plombée, articulée en tête et fixée sur une agrafe permet d'animer ce leurre de nombreuses manières, mais l'animation verticale en barque est la plus productive. Au poisson mort manié, cette même monture donne d'excellents résultats... si la monture est réellement adaptée à la taille du poissonnet. Trop souvent la chevrotine est trop lourde ( pour aller loin et bien atteindre le fond disent certains ! ) et ne correspond pas du tout à la nage désordonnée d'un poisson blessé tentant d'échapper au prédateur. Il ressemble davantage à un lourdaud qui digère plutôt mal son déjeuner ! Inintéressant pour un sandre éduqué.
La cuiller planante est parfois source de belles prises, mais je n'aime guère ce lancer-ramener, en espérant attirer l'attention du sandre embusqué, sauf... si je pêche à vue. Alors, là oui, je me régale à observer ses comportements et visualiser son attaque. Pour être franc, je lui ôte souvent "la cuiller de la bouche" avant qu'il ne referme ses mâchoires. Le plaisir de savoir qu'il était prit me suffit !
Si les eaux sont troubles et sur les fonds encombrés d'herbes aquatiques, le montage texan est certainement plus approprié. La plombée se situe sous le leurre ce qui lui donne une véritable allure planante. La pointe est dissimulée dans le corps du leurre et le ferrage devra donc être instantané sur l'attaque. Le JIG et le montage texan, sont des méthodes captivantes qui permettent de remettre à l'eau les poissons non maillés avec toutes chances de survies pendant encore quelques années... Quand ils seront dix fois plus beaux !
Concernant la perche, une de mes méthodes favorites est le maniement du Viflex dans les postes encombrés d'arbres morts. L'attaque est brutale et il s'agit généralement de gros sujets qui succombent à ce leurre exceptionnel. Il me plaît également d'utiliser une autre tactique "plus sportive". Lors de la descente des eaux du barrage de Cabanac, je récolte les vers de vases et les conserve dans la terre humide. Puis en barque je m'approche subrepticement des berges feuillues et des obstacles repérés auparavant sur le fond, comme les murettes abandonnées. Equipées d'une canne légère de 4 mètres ( Colibri de Garbolino ) j'esche 2 ou 3 vers de vases sur un hameçon numéro 22. Ligne en 10/100 et flotteur de 0.30 grammes, quille et antenne en métal. Après avoir amorcé avec de la 3000 perche de Sensas, le laisse dériver ma ligne à mi-eau dans le nuage de mon amorce. Encore une fois, les sensations sont impressionnantes ! Une perche de 400 -500 grammes vous donnera plus de frissons qu'un brochet de 10 kilos ! Le plus délicat est de ne pas manquer une perche... Sinon la pêche est terminée sur ce site, le banc se déplacera... et vous aussi sur un autre secteur. Revenez dans une heure !
La pêche du carnassier, du gros silure à la rougeoyante perche, est palette de multiples couleurs qu'il convient d'adapter à la teinte du tableau, suivant les conditions du moment.
S'entêter dans une seule technique, une seule pratique, vous laissera toujours un goût d'inassouvi dans la quête des beaux poissons. La carpe à la mouche... la tanche au pain d'épice, le carassin aux pellets... le barbeau à l'hameçon d'or... Que de pêches extraordinaires vous attendent !
Changez de pratiques... Changez de pêches... Changez la pêche !
Daniel LAURENT Retour à la liste des reportages
| |
|