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Textes et photos de Renaud THEIS
Après avoir traité des spinnerbaits dans son article précédent, Renaud Theis aborde ici les jigs. Ces leurres, efficaces sur des poissons repus mais gourmands, réclament une grande précision. Il convient donc d'en bien comprendre le principe.
| Dans la continuité de l'article précèdent sur les spinnerbaits, je vais essayer cette fois de voir, dans le détail, les différents aspects de la pêche aux jigs.
Pour cela il faut comprendre de quoi un jig est fait. Regardons tout d'abord l'hameçon. Il en existe avec plusieurs formes mais leur différence n'est pas à prendre en compte ici. La seule qui nous intéresse est celle entre les hameçons fins et "forts de fer". Mis à part les modèles dits "finesse", il est préférable d'employer des hameçons forts de fer, tout simplement parce que le jig est un leurre qui prend du gros poisson, qui s'utilise souvent dans les endroits très encombrés, et qui est souvent associé pour les même raisons à du gros fil.
Viennent ensuite la brosse anti-herbe, la jupe, et le lest en plomb qui compose la tête. Certains jigs possèdent égalemment un système bruiteur qu'on appelle "rattle" en Anglais. Bien qu'il soit tout à fait possible de pêcher avec un jig tel qu'il est à sa sortie de l'emballage, il reste préférable d'y ajouter un trailer. Le trailer (remorque) est un autre leurre qui se monte sur l'hameçon du jig et apporte ainsi beaucoup à l'ensemble. |  En haut, trailer en couenne de porc, de gauche à droite, trailer grenouille, deux blanc "split tail", trois différent modèles d'imitation couenne de porc.
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 Différentes sortes de jigs
 Le positionnement de l'œillet affecte l'usage du jig, en haut, l'œillet est caché dans la tête pour passer plus facilement dans les herbes, à gauche, même principe. Jig prévu pour la pêche dans les endroits encombrés, en bas, œillet traditionnel favorisant une nage sautillante pour une meilleure imitation d'écrevisse. | "Un jig c'est comme une cerise bien rouge après un repas copieux"
Avant même de faire le premier lancer, il y a quelques principes à comprendre pour bien exploiter ce leurre hors du commun. Il faut bien savoir que le jig est un leurre de précision. On ne cherchera pas avec un jig, à couvrir de grandes étendues d'eau mais, au contraire, c'est un leurre prévu pour saturer un poste précis et prendre des poissons qui refusent de se déplacer sur une grande distance pour attaquer. Pour savoir si le jig est le leurre du jour, il faut chercher à déterminer la taille et l'emplacement de ce qu'on appelle la zone d'attaque du prédateur. Cette zone est de taille variable et va dépendre des conditions. Elle peut aller de quelques centimètres, devant la gueule du poisson, a plusieurs mètres (en trois dimensions ne l'oublions pas). D'une manière générale, on peut déterminer cette taille en fonction du temps, de la température de l'eau, de sa clarté, de sa profondeur et… de l'humeur des poissons. Pour commencer on peut admettre que plus l'eau est claire, plus la zone d'attaque sera grande. Si la température de l'eau est dans la zone de confort du poisson recherché, la zone d'attaque sera grande aussi, etc… Pour déterminer précisémment l est bien et aisé de commencer par des leurres rapides et qui balaieront large, comme une spinnerbait ou un leurre de surface. Si cela ne marche pas c'est que la zone d'attaque est petite. Il faudra donc opter pour une présentation plus précise, et tenter de poser un leurre juste devant leur gueule. Le but n'est pas de leur offrir un repas, mais plutôt une petite gourmandise. |
Imaginez : vous venez de sortir de table, vous n'avez plus faim, mais on vous propose juste une cerise. Vous n'allez pas la refuser n'est-ce pas ? Vous savez que vous n'aller pas manger cette cerise pour vous nourrir, pour calmer votre faim, mais juste parce que c'est bon, et puis pourquoi pas ? Un jig doit être exactement la même chose, une gourmandise pour un poisson qui n'avait pas vraiment envie de se nourrir. La différence est que pour un poisson, la sécurité vient avec la taille. Il ne refusera pas souvent une bonne gourmandise devant son nez et qui lui demande un minimum d'effort. Donc pour pêcher au jig, vous pouvez oublier les lancers super longs mais plutôt vous concentrer sur une cible bien définie.
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Soignez la descente ! Voila pour le lancer. Une fois que le leurre a touché l'eau, il va commencer à couler, mais là encore, on peut finasser. Il faut bien savoir qu'environ 70% des touches ont lieu à la descente. C'est la que le jig est le plus efficace. Il s'agira donc trouver le jig qui va couler à la bonne vitesse. Et c'est la que le trailer entre en jeu, il a tendance à ralentir la descente de l'ensemble mais également à rajouter du poids. Paradoxal non ? Tout est question de densité, on peut rajouter du poids au leurre mais pourtant le rendre moins "coulant". On va donc rajouter un trailer sur un jig en fonction de son poids. Pour simplifier, plus le trailer est gros et plus le jig va couler lentement, plus le jig est lourd et plus il va couler vite. Il ne reste plus qu'à trouver le bon rapport en fonction de la profondeur et de la vitesse de descente voulue. Le choix de ses deux éléments se définit en fonction des conditions et de ce que les poissons veulent. Le tout est d'expérimenter et voir ce qui marche le mieux. Si le coin est profond, il faut un leurre qui coule assez vite pour rejoindre le fond rapidement, si le fond est vaseux, on préférera un leurre léger pour éviter que le leurre ne disparaisse dans la vase. Il faut alors choisir un leurre assez léger et un gros trailer pour obtenir une action nageante. Avec une leurre plus lourd et un petit trailer, on aura un leurre rapide, une nage plus sautillante pour une prospection plus rapide. Sur un même secteur il peut être nécessaire de changer de leurre durant la même journée. Supposons par exemple qu'on pêche un secteur assez profond, avec un petit leurre et un petit trailer. Si le vent se lève, on opte pour un leurre un peu plus gros et un trailer plus gros aussi. Le leurre se comportera de la même façon dans l'eau mais l'action du vent rendra le contrôle de la ligne plus difficile à moins d'adapter le leurre aux conditions et d'augmenter le poids sans changer la densité. Le succès réside dans le fait de trouver le bon équilibre et de laisser les poissons décider ce qu'ils veulent. |  Un exemple de système bruiteur "rattle".
 Deux exemples de jig équipés de leur trailer assorti à la couleur de la jupe. |
| Il y a d'autres raisons à l'usage du trailer. Il apportera une consistance plus naturelle et le bass (ou autre) conservera le leurre en bouche plus longtemps. Il y a encore la même question de densité, mais cette fois au moment de la touche. Un jig est composé essentiellement de métal, donc quand le bass va aspirer le leurre, il va se rendre compte qu'il ne monte pas dans sa bouche aussi facilement que prévu, et risque de comprendre la supercherie. Le trailer va aider à donner une densité naturelle au leurre.
Il existe plusieurs sortes de trailers. Traditionnellement, les trailers sont fait en couenne de porc. Ce matériau offre l'avantage d'être naturel, de présenter la meilleure action et d'être indestructible. Le problème est que les trailers en couenne de porc sont difficiles à manipuler et que s'il sèchent, ils sont perdus ! Depuis quelques années, plusieurs fabricants proposent des imitations en plastique souple qui sont très satisfaisantes. C'est ce que je conseillerai à un débutant. Il est bien sûr important de choisir la couleur du trailer en fonction de la jupe, et la forme en fonction de ce que l'on cherche à imiter. En général un jig ressemble à une écrevisse et un trailer avec une imitation plus ou moins proche de pince est une bonne idée. Il est possible de placer un grub, ou un worm ou encore n'importe quel leurre souple derrière un jig. Le tout est d'expérimenter et de laisser les bass décider ce qu'ils veulent. A noter ici qu'en tant qu'"expert bass", je parle plutôt de ce poisson, mais je peux vous assurer que le jig est un très bon leurre pour le brochet, et bien que je n'y connaisse rien en sandre, je ne vois pas pourquoi ce leurre ne marcherait pas avec eux. Le jig est à coup sûr le meilleur leurre pour saturer un poste, le pêcher précisément et prendre des poissons plus gros qu'avec n'importe quel autre leurre. C'est également celui qui essuiera le moins de refus par rapport au nombre de poissons qui verront le leurre ! A vos jig, et bonne chance à tous. Pensez à relâcher votre prise pour l'avenir de la pêche ! |
Renaud THEIS
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