|  Avril 2003LES NOUVEAUX PROFESSIONNELSGuides, moniteurs de pêche... à quoi servent-ils ? Ce sujet récurant dans
notre paysage halieutique reste encore apparemment aujourd'hui sans réponse.
Enfin, pas tout à fait, car certains magazines ouvrent quelquefois ce débat
dans leurs colonnes. Ainsi le numéro de mai-juin 2002 de Pêche-Mouche
fait-il partie "des bons papiers" qui de temps en temps répondent
furtivement à cette interrogation.
Mais peut-être faut-il d'abord définir exactement les tâches de ces deux
professions distinctes ?
Par définition, le métier de guide serait de guider. C'est à dire, emmener
sur des parcours des pêcheurs ayant déjà une certaine expérience de la
pratique afin de les conseiller sur la meilleure tactique à appliquer pour
tenter de tromper le poisson. Et sur la base de ce même raisonnement, la
fonction de moniteur de pêche serait l'enseignement des bases de la
technique pour les débutants ou l'approfondissement, le perfectionnement
pour les pêcheurs confirmés.
Ceci est une logique que nous retrouvons dans d'autres disciplines.
Pour exemple la randonnée à ski. Quel guide de Chamonix emmènerait-il une
personne qui n'aurait jamais fait de ski, faire la descente de la Vallée
Blanche ? Il renverrait son client apprendre à skier chez un moniteur
professionnel.
Au-delà ce cette remarque, il faut bien avouer qu'il arrive évidemment que
le guide conseille ou montre à son client tel mouvement technique pour
atteindre correctement un poste, un coup.
De la même manière le moniteur emmènera ses élèves sur des parcours afin de
les initier, en situation réelle, aux diverses facettes de la pratique et
des obstacles ou difficultés qu'ils rencontreront.
Avez-vous remarqué que je ne parle pas d'une technique spécifique. On
s'imagine en France que les guides et moniteurs n'enseignent que la mouche !
Quelle erreur ! ... Il en va de même pour la pêche au coup, le toc, le
lancer, la carpe, le black-bass, etc.
Alors, à quoi servent les guides et les moniteurs ?
Avant tout, à gagner du temps et obtenir des résultats immédiats !
Celui qui fait appel à un moniteur, triomphera en quelques heures de ce
qu'il aurait (peut-être) acquis seul et en de longs mois. Vos questions
pratiques sur le Net en témoignent.
Celui qui fera appel à un guide saura immédiatement où et comment pêcher
telle rivière, tel étang, avec quelques chances de succès. Là encore, les
forums prouvent ce désir immuable de savoir où et comment pêcher.
J'ajouterais aux détracteurs de ces professions que si la convivialité est
de mise, l'obligation de résultats fait partie intégrante de ce
savoir-faire. J'insiste aussi sur le fait que s'il est simple d'emmener son
voisin faire une partie de pêche par un beau dimanche, il devient plus
difficile, (plus pédagogique) d'avoir suffisamment de ressources éducatives
pour encadrer un groupe de 8 à 10 personnes, surtout s'il s'agit d'enfants
et ceci toute l'année, quelle que soit la saison !
Pour terminer cette réflexion sur l'utilité réelle de ces nouveaux
professionnels, ajoutons que ces techniciens diplômés ont également le souci
de la préservation des milieux aquatiques, donc des poissons et de leur
environnement. Partant de là, quelques responsables de la pêche en France
voient parfois d'un mauvais oeil ces "gens rétribués" qui osent donner des
leçons de gestions aux bénévoles des AAPPMA et des Fédérations.
Je connais peu de pêcheurs qui, après un stage avec un guide ou un moniteur,
nient l'évidence de leur utilité et de leurs compétences. Sauf peut-être
lorsqu'il s'agit de "faux professionnels" mais ces derniers disparaissent
rapidement du circuit, comme les mauvais restaurateurs, les mauvais maçons,
les mauvais commerçants, etc.
Si vous désirez faire appel à "ces nouveaux professionnels", faites appel
aux regroupements fédérateurs de ces spécialistes qui contrôlent
régulièrement la qualité des prestations, le coût, les résultats obtenus et
vos avis favorables ou... dommageables.
Daniel LAURENT
Éditos précédents :
Janvier 2003 Décembre 2002 Novembre 2002
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