 J'ai reçu dernièrement l'appel d'un lecteur quelque peu désabusé. cet homme était, il n'y a pasencore si longtemps, un des responsables d'une AAPPMA normande. Se sentant investi d'une mission, celle de sauvegarder le cheptel sauvage, il a cherché à faire augmenter la maille et diminuer le nombre de prises autorisées sur les lots de cette association. Jusque-là rien à redire, sinon saluer cette entreprise. Eh bien cet homme s'est fait "virer" de son association... parce qu'il gênait ! A croire que des viandards ont senti le vent venir et ont considéré que garnir leurs congélateurs allait devenir plus délicat. Ou que des responsables ont craint de ne plus avoir de quoi alimenter leurs caisses grâce aux cotisations des cartes de pêche. L'équation est simple : moins de prises conservées, moins de permis vendus.
Et si c'était le contraire ? En prélevant moins, le cheptel ne s'en porterait que mieux, la qualité de la pêche s'en ressentirait. Et les pêcheurs afflueraient. Nous pouvons imaginer l'impact sur les tiroirs-caisses locaux. Malheureusement, alors que certains se battent pour développer le tourisme dans leur département, d'autres considèrent qu'il faudrait se partager un maigre gâteau piscicole. rester entre soi... en autarcie. Un autre exemple est l'initiative du GPS Pays d'Oc-Béziers. Celui-ci a présenté un projet visant à créer un parcours no-kill sur l'Orb afin de préserver la souche locale de truite. Le dossier a été rejeté par la fédération de pêche de l'Hérault qui s'est interrogée sur l'efficacité d'une telle mesure. Une pétition circule afin de faire plier la fédération. Les membres du GPS, tous impliqués, ont déja réuni plus de 300 signatures en un mois. Nous ne jetons la pierre à personne et la fédération dispose peut-être de bons arguments. Nous allons essayer d'en savoir plus. Mais ceci m'amène néanmoins à une réflexion : pour que nos rivières respirent, que nos poissons prospèrent et que l'économie liée au tourisme pêche se développe, il faudrait encore que nous partagions tous les même préoccupations. A cet effet, nous pouvons nous inspirer de l'article consacré à la Gim River, en Suède, ou s'imprégner de l'engagement de l'association Saumon-Rhin dans la sauvegarde du saumon du Rhin. C'est un bel exemple de ce que l'on peut faire, lorsque l'on met de la bonne volonté. |