| Réactions à la position d'Albert Drachkovitch dans le dernier numéro de Pêche & Poissons| Suite aux positions d'Albert Drachkovitch dans le dernier numéro de Pêche & Poissons, René-Charles Allard nous livre ici le "coup de gueule" de son ami Franck Arbogast
(en ligne sur le site www.carnavenir.com) : |
A dires d'expert, le silure serait indésirable en France
Le monde de la pêche évolue. De plus en plus de jeunes pratiquent aux
leurres ou utilisent des montages à ferrage immédiat, ont compris la
nécessité d'un no-kill raisonné pour préserver les populations piscicoles.
Cependant il est consternant de voir aujourd'hui que certains, porteurs il y
a encore peu d'une émancipation de la pratique de la pêche, incitent les
pêcheurs à décréter l'extermination de telle ou telle espèce qu'ils estiment
infâme.
Si Albert Drachkovitch ne cache pas sa préférence pour le sandre, il n'est
en revanche guère tendre avec les silures qui viennent traîner en Loire, du
côté de Pouilly. Il déclare dans le numéro 701 d'octobre 2003 de la revue
"La pêche et les poissons" dans le dossier de Philippe Baran intitulé " Les
pêcheurs de sandres sont inquiets : Faut-il avoir peur du Silure ? " :
"Aujourd'hui, j'encourage les pêcheurs à conserver les silures qu'ils
capturent. La remise à l'eau, comme toute forme de limitation de LA pêche de
cette espèce, me semble être une hérésie !"
Alors là, je ne comprends pas du tout le raisonnement qui a conduit à prôner
une telle attitude. Que lui a t elle donc fait cette espèce là ? Le silure
n'est pas un nuisible, comme le poisson chat, la perche arc-en-ciel.
Cela revient à dire "J'aime le sandre au mort manié, le silure qui mange des
sandres doit disparaître". Pourtant, sur le site Internet " Astucit - Albert
Drachkovitch ", il y a des photos de silures, pris il est vrai en Espagne .
Alors, où est l'hérésie ? Les brochets se nourrissent également de sandres,
alors doit-on exterminer également esox ?
Aujourd'hui le sandre n'est pas classé espèce en danger, et la raréfaction
du brochet comme d'autres espèces migratrices ou non est surtout due à la
dégradation des biotopes, à des mailles devenues trop faibles et des quotas
qui ne sont pas adaptés à chaque région.
A l'inverse, on ne peut ignorer le fait que de plus en plus de revues
halieutiques présentent dans leurs pages, des articles fort bien faits,
concernant la pêche du silure glane, et qui bien souvent incitent au
no-kill. Ce carnassier est présent dans nos eaux depuis plus de 15 ans, ne
l'oublions pas. De même, rappelons-nous que l'introduction du sandre dans
nos rivières fut en son temps accompagnée de maintes prédictions
catastrophiques. Et qu'en est-il à présent ?
Et il faudrait ignorer également le formidable engouement suscité par la
pêche du silure ? Les catalogues des fabricants consacrent plusieurs pages
au matériel dédié à ce poisson.
Pour ma part, je croise au bord de l'eau de plus en plus de pêcheurs de
silure, et qui soit dit en passant témoignent dans leurs pratiques d'un
grand respect du poisson.
Est-on crédible en demandant aux pêcheurs d'avoir du respect pour les
poissons que l'on aime, et pas pour d'autres ? Le problème aussi est que
tout le monde ne porte pas forcément sa préférence sur le même poisson...
Et lorsqu'on ne remet pas à l'eau une prise, c'est qu'on la conserve. Pour
la manger car j'imagine mal un " vrai pêcheur " laisser sa capture sécher au
soleil. Je souhaite donc un bon appétit à celui qui prend un silure de 50 ou
80 kilos !
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