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Communiqué du WWF - 04/06/2002 Pêcheurs, poissons : même combat !
Devant la situation critique, voire absurde du secteur de la pêche aujourd¹hui,
la réforme de la Politique Commune des Pêches est plus que jamais indispensable.
Elle est une formidable chance de mettre en oeuvre,
enfin, une pêche responsable et durable.
« Mais il est clair qu'une pêche durable se fera avec les pêcheurs, ou ne se fera pas » affirme Laurent Debas, responsable de l¹Equipe Mer du WWF-France. Aujourd¹hui, la pêche est engagée dans une spirale infernale : 75% des
stocks mondiaux sont surexploités ou en passe de l¹être*, 66 000 emplois
supprimés dans l¹Union Européenne en 8 ans, malgré des investissements
supplémentaires de plusieurs centaines de millions d¹euros. « Paradoxalement, il n¹y a aucune fatalité à la dégradation permanente du
secteur. Des solutions existent pour trouver, à plus ou moins long terme, le
point d¹équilibre entre la préservation de la ressource et la préservation
de l¹emploi». Que les principes d¹organisation du secteur soient posés à Bruxelles est
incontestable : le poisson sauvage n¹a pas de frontière, et c¹est une
richesse commune. Mais la réussite de la réforme passe nécessairement par des mesures au cas
par cas, qui doivent prendre en compte la diversité des flottilles, des
métiers, et celle de la biologie des espèces, etc... « Seule une approche
stock par stock, pêcherie par pêcherie, permettra de trouver le meilleur
compromis possible entre les intérêts des pêcheurs et le seuil
d¹exploitation de la ressource. » explique François Sarano, chargé de la
pêche au WWF-France, qui a longtemps travaillé aux côtés des pêcheurs. C¹est en effet la combinaison et la diversité des mesures qui aura un impact
positif : sélectivité des engins de pêche, diminution des captures annexes,
fermeture des zones de rassemblement des juvéniles, instauration de quotas
dissociés entre reproducteurs et juvéniles, allocations pour jours chômés... L'exemple de l'une des espèces les plus menacées, le Merlu, est
symptomatique : « Ce sont les bateaux à la recherche d¹autres espèces, en
particulier les langoustines, qui affectent gravement les stocks de Merlus»
analyse François Sarano. En capturant de manière accessoire les jeunes
merluchons, la pêche à la langoustine les empêche de grandir, et donc scie
le renouvellement de la population adulte à la base. Faut-il pour autant casser du bateau? Dans ce cas précis, certainement pas,
épond François Sarano. C¹est sur la sélectivité de la pêche à la langoustine
qu¹il faut travailler. Un exemple parmi tant d¹autres, qui illustre
l¹extrême complexité de la pêche, et donc des mesures nécessaires à sa
réforme. « L'intérêt du WWF et celui des pêcheurs est le même : qu'il y ait du
poisson dans la mer » affirme Laurent Debas. La meilleure politique, sera
celle assurée, à terme, par des pêcheurs responsables. Donnons leur les
moyens d¹assurer leur avenir professionnel, la survie des océans et celle
des populations en dépendent! »
* rapport SOFIA / FAO 2000 Vous souhaitez réagir ?
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