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Comment vas-tu mon père Olivier ?
Affairé sans nul doute sur ton bien beau site qui m'est fort agréable, tu le sais, de surfer de temps à autre pour savoir ce qui se passe là-bas "au pays". Ici c'est bien sur la même chose pour moi côté entreprises. Tellement à faire, de jour comme de nuit. Et ce temps tellement précieux qui s'écoule sans pouvoir finaliser tout ce que je souhaiterais faire. Trop d'impératifs comme toujours pour tout finaliser, entre la pêche au quotidien avec mes clients pêcheurs venus de tous les horizons, le toujours trop volumineux courrier auquel il faut répondre, et la construction en cours de mon nouveau site - ou devrais-je plutôt le qualifier de "mega-projet halieutique" . Celui-ci progresse et remplacera enfin sous peu notre "vieux site" inachevé qui, moi perfectionniste, m'irritait tellement...
Il reste encore tellement à faire mon ami avant d'en voir le bout, dont une multitude de textes à rédiger puis à traduire en Anglais. Je ne sais plus ce qu'est une vraie nuit de sommeil, les nuits blanches étant si fréquentes pour avancer pas à pas sur celui-ci. A ce jour nous avons déjà mis en place environ 50 % du site. J'avais dans l'idée au départ une cinquantaine de pages, nous sommes à plus de 100 aujourd'hui. Comme me le disait récemment Pierre Liegeois, un ami pêcheur tout comme moi originaire de Montluçon et venu me rendre visite en Octobre dernier, "c'est un véritable livre". Sans aucun doute et cela me semble bien comme ça. En Janvier prochain, ce sera bientôt pour moi seize longues années d'existence ici. Et cet enthousiasme extrême propre à mon caractère étant toujours là et bien là me pousse à faire partager à tous autour de moi et plus loin encore cette passion de la pêche et des poissons dans mon pays d'adoption...
Une passion qui m'emporte et m'a fait oublier en cours de route, tout en construisant ce site, le sens du mot "limite" pour mieux révéler encore l'unique potentiel pêche de ce pays, tout en présentant nos activités Fishing Adventures Thailand aux internautes qui partagent le même amour pour tout ce qui porte nageoires.
Nous sommes déja en ligne et tu peux aller jeter ton oeil de webmaster sur ce site tout neuf à : www.anglingthailand.com
Il est 4.30 du matin et je dois partir ce matin pour une expédition dans la jungle sur la rivière Nam Tjon. Nous serons là-bas 7 jours d'affilée avec mon ami Arnout Terlouw, l'éditeur du prestigieux magazine hollandais Karper consacré principalement à la carpe mais aussi au silure, mais encore plus encore journaliste globe-trotter et pêcheur de talent. Arnout est reconnu dans son pays comme une autorité dans le domaine de la pêche et des poissons. Il est, entre autres, le premier en Europe à avoir découvert ces fameux gros barbeaux espagnols. Et pour tant d'autres exploits encore dont tu le sais celui d'avoir été ici le premier pêcheur étranger à avoir capture en décembre dernier, lors du tournage avec nous d'un film sur le Mekong Giant Catfish pour Season's Allemagne, un Arapaima gigas (pirarucu) estimé à 110 kg. Cet exploit ayant été largement battu depuis par un autre très bon pêcheur en août dernier, par le légendaire Joe Taylor. Un globe trotter anglais qui a déjà pêché avec nous sur 2 séjours et sera de retour en janvier 2002. Joe détient maintenant le record du plus gros poisson d'eau douce pris à ce jour en Asie avec un monstre de 185 kg. Seuls 6 Arapaima ont été pris ici en 17 ans, et ces 2 prises, dont nous sommes bien sûr les complices, sont a elles seules pour Fishing Adventures une sacrée carte de visite. Mes guides et moi savons exactement où se trouve le poste d'un près de 200 kgs pour l'avoir vu monter plusieurs fois. Et il n'est pas dit qu'on ne l'agace pas un de ces quatre avec un bien beau morceau de filet de poisson de mer, si on a un visiteur qui crève d'envie t'en tenir un par la bride...
Arnout et moi sommes cette fois à la recherche d'espèces de poissons de jungle qui n'ont jamais été répertoriées a ce jour. Ces espèces ne se trouvent dans aucun livre scientifique bien qu'elles existent. Nous avons pris déjà par le passé lors de précédentes expéditions 2 espèces de poissons tout à fait magnifiques dont l'un ressemble tout à fait étrangement à un salmonidé. Ce sera vraiment une "aventure de pêche" dans la mesure où le niveau des eaux de suite est au plus haut et les conditions de pêche donc extrêmement difficiles. De plus, cet endroit, où même les locaux ne s'aventurent pas vraiment, présente en filigrane un zeste de danger, surtout de nuit. Arbres submergés lors de la navigation en bateau, animaux sauvages tels que tigres, éléphants, buffles sauvages et serpents, sont le piment de ces aventures halieutiques qui ne figurent pas aux programmes que nous proposons a notre clientèle, mais dont je suis particulièrement friand si je peux trouver le temps de pêcher pour mon plaisir personnel. Un contexte qui m'oxygène, moi, petit provincial du Bourbonnais qui vis maintenant dans une "ville fourmilière géante" telle que Bangkok et ses près de 9 millions d'habitants....
Nous aurons à improviser et il n'est pas dit que nous ramènerons de là-bas, sans vraiment les chercher comme tous les autres, quelques nouveaux records du monde IGFA. Nous venons d'inscrire ce mois 3 nouveaux records du monde All Tackle de plus en seulement quelques jours. Dont le record de la Carpe Geante Siamoise (Catlocarpio siamensis), "la mère de toutes les carpes" avec une prise de 45 kg, le 12 novembre dernier. Nous voilà donc a 13 records du monde homologués ou en cours d'homologation. Voire 14, si Arnout décide de soumettre sa magnifique prise d'hier. Les records ne l'intéressent absolument pas mais il m'a confié souhaiter apporter sa pierre par amitié a la promotion de la Thaïlande et de nos entreprises Fishing Adventures, en faisant une exception particulière. Un geste qui l'honore et qui nous motivera bien évidemment à tenter de prendre encore plus gros pour battre à nouveau ce record.
Juste quelques mots maintenant mis bout à bout sur ce véritable festival que nous venons de vivre ce mois avec ces extraordinaires carpes géantes. Tout a commencé le 10 novembre dernier alors que je guidais au lac de Bung Sam Lan le journaliste danois Peter Steensen, venu ici en repérage ici pour un film avec nous, qui devrait être tourné courant 2002 avec une équipe de production scandinave. La première prise du mois pour ton ami François avec celle d'un tout jeune spécimen de Catlocarpio pesant ses gentils 20 kg.
Le lendemain, une vieille maligne de la taille d'une lessiveuse qui devait peser "comme il faut" et qui m'a emmené d'un seul puissant rush à travers les piliers supportant les bungalows sur pilotis, voisins du notre. Se décrochant au passage sans avoir même eu le temps de saisir la canne en mains. Trop de nuits blanches passées sur l'ordinateur, je faisais la sieste comme un bienheureux dans mon hamac et n'ai pas écouté à temps le moulinet pousser une chaleureuse bramée...
Mais le troisième Caho du mois, capturé le 12 novembre, a eu droit lui, a un passage à l'épuisette en règle ! Après un combat épique et splendide de 20 minutes puisque la bagarre s'est faite sur une canne de 7 pieds et tresse de 20 livres. Du matériel normalement utilisé pour la pêche des Snakeheads au leurre de surface mais comme le confirme si bien ce dicton de Jamaique : "Un homme peut couper un arbre avec un canif, ce n'est qu'une question de temps". Pesée et mesurée devant six témoins, elle affichait sur la balance exactement 45 kgs et mesurait 117 cm de l'extrémité des lèvres a la queue, pour un diamètre de 96 cm pris a la hauteur de la dorsale. Et comme j'ai maintenant cette belle balance neuve et désormais certifiée, et que ce spécimen a bien été pesé et mesuré devant témoins, enfin cette fois le Catlocarpio siamensis, "la mère de toutes les carpes", va faire son entrée au livre des records IGFA. Il était temps.....
J'ai cru qu'on avait la guigne avec ces carpes géantes que je souhaitais depuis longtemps révéler aux pêcheurs d'autres nationalités via les records IGFA. Un record qui tardait finalement tant à venir. En août dernier, j'avais fait abstraction une première fois de soumettre ma plus grosse prise dans cette espèce a ce jour : une Siamese Giant Carp de 46 kg. Ces carpes siamoises sont extrêmement fragiles, beaucoup plus que vos carpes européennes, et l'intensité avec laquelle elles se battent parfois jusqu'à épuisement peut entraîner leur mort pour peu que le pêcheur sans connaissance de ce poisson les ai travaillées en force. Elles présentent en effet une anatomie particulière et sont comparables en quelque sorte aux plongeurs sous-marins. Si ramenées à la surface trop rapidement, elles ne survivent pas. Celle-ci avait lutté dur et tenté plusieurs fois de "me la faire" vers des obstacles voisins. Pour ne pas perdre ce poisson, j'avais dû mettre la pression sur de la tresse de 60 livres. Le poisson après épuisage semblait extenué. Par peur d'avoir à le laisser trop longtemps en dehors de son élément nous avions pesé ce sujet dans l'eau sans même procéder à la prise des mensurations. Suivant les règles IGFA, il est stipulé que pesage et mensurations obligatoires se doivent d'être effectués sur la terre ferme. Je n'avais pas hésité un seul instant. Risquer la mort éventuelle d'un poisson aussi majestueux que celui-ci ne valait pas pour moi l'obtention d'un insipide certificat de papier mentionnant en lettres d'or que j'étais détenteur d'un record du monde. Ces poissons qui nous apportent si souvent nos toutes meilleures joies restent nos plus proches amis et complices de ces moments exceptionnels du bord de l'eau. Ils méritent notre amour et respect, plutôt que de disparaître pour le stupide plaisir de flatter son ego. D'autant plus que par le pass& d'autres pêcheurs locaux ont pris des carpes nettement supérieures en poids à la mienne sans pour cela en recueillir les honneurs. La carpe de mon ami Lung Dam estimée à 110 kgs est un parfait exemple. Sans le savoir et cela étant de toute façon sans aucun intérêt pour lui, Lung Dam reste à ce jour le seul et unique pêcheur au monde à avoir capturé une carpe au-dessus de la barre des 100 kilos. La satisfaction d'avoir pris ce poisson lui suffit largement.

Après plusieurs prises de jeunes sujets, début octobre, pour les mêmes raisons que je viens de citer plus haut, nous laissions passer encore une fois un autre record potentiel. Celui-ci avec une splendide carpe, estimée à 45 kg, prise par mon ami et client anglais Bruce Dale.
Mais le festival auquel nous ne nous attendions pas démarra début novembre, le 4 novembre dernier pour être précis, avec un troisième record potentiel de perdu. Et cette fois là, quel record ! Une carpe gigantesque estimée au-dessus des 80 kg qui est la plus belle prise de Caho au lac de Bung Sam Lan sur ces deux dernières années. Celle-ci prise par Kik, un des tout bons guides qui composent mon équipe, "frère de pêche" dans ma tribu Fishing Adventures, alors qu'on avait mis chacun une plombée - au cas où - tout en guidant un client pêcheur de Singapour sur le Mekong Catfish... Ce spécimen d'exception dans la "catégorie heavyweight" aurait sans nul doute tenu sa place de record du monde All Tackle IGFA pour un petit paquet d'années si...
La guigne vous ai-je dit ! Encore une fois on avait la carpe, mais pas la balance. Mauvais concours de circonstances. Celle-ci flambante neuve, importée d'Angleterre et pouvant peser jusqu'a 100 kgs, était malheureusement ce jour-là encore à l'institut de technologie pour y passer les tests de calibrage de façon à obtenir les certificats obligatoires pour toute homologation IGFA. Nous l'avions déposée quelques jours auparavant et devions la récupérer une semaine plus tard.
Avec ma prise de 45 kg, cette fois c'est dans la boîte. Fait et plus à faire! Sinon en prendre encore une bien plus grosse... Ça n'a pas traîné Olivier. Hier matin 19 Novembre, trois départs dans la même journée. Deux pour Arnout Terlouw qui a monté la barre encore un peu plus haut avec une carpe siamoise de 47 kg. Quelques heures auparavant, il avait perdu sur casse, dans les obstacles du lac, une carpe absolument instoppable que nous avons estimée vu sa défense et son déplacement dans l'eau a 80/90 kg. La troisième touche étant pour moi, moins chanceux que mon ami hollandais puisque cette carpe s'est décrochée de suite dans les premiers mètres du rush. L'hameçon etait mal pique, je n'ai même pas eu a courir jusqu'a la canne. Le silence avait fait soudain place au bruit strident du moulinet, seul le bruit des pulsations accélérées de mon coeur battait bruyamment dans ma poitrine. Faux départ. On se reverra....
Olivier mon ami, reçois mes étreintes les plus affectueuses, sentant le poisson, de par-dessus les mers et continents !
Jean-François Helias
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