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Suite à cette première prise, il s'est vite avéré que leur "appât-miracle" pour le poisson-chat géant du Mékong marchait de même extraordinairement bien sur le Catlocarpio. De mai à décembre 2001, Jean-François et ses clients ont totalise près de 70 touches de carpes et pris 28 d'entre elles dont pour les plus beaux sujets des spécimens pesant respectivement : 80 kg, 47 kg, 46 kg et 45 kg. Ils ont, de même, perdu une quarantaine de très gros poissons, parfois sur décrochages, mais beaucoup plus encore sur casse en raison des très nombreux obstacles propres à leurs postes de pêche préférés.
"Dans la mesure ou nous ne pêchons la carpe qu'occasionnellement puisque la demande de nos clients pour ce poisson reste encore à ce jour très minime" explique Jean-François "on peut dire sans prétention aucune que, sur une aussi courte période d'a peine sept mois, près de 70 départs de carpes sont un résultat plus qu'exceptionnel qu'aucun pêcheur local n'avait encore réalisé à ce jour. Quant à notre plus belle prise de l'année 2001, le 4 Novembre dernier exactement, c'est une carpe record estimée à plus de 80 kg. Elle à été prise par Lutjirot Pantukpraphat, un des très bons guides locaux qui composent mon équipe, alors que l'on guidait un client de Singapour, venu pêcher le Mékong Catfish. Cette carpe gigantesque est la plus belle prise de Caho de ces deux dernières années au lac de Bung Sam Lan. J'aurais vraiment aime soumettre ce spécimen d'exception de la "catégorie heavyweight" à l'IGFA. C'était assurément un record du monde All Tackle pour cette espèce qui n'avait encore jamais été enregistrée. Un record qui aurait sans nul doute tenu sa place pour un petit paquet d'années d'ailleurs si...nous avions eu une balance ce jour-la (rires). J'en avais fait l'acquisition d'une importée d'Angleterre, pouvant peser jusqu'a 100 kgs. Pour obtenir justement tous les certificats obligatoires à toute homologation IGFA nous l'avions déposé quelques jours auparavant à un institut de technologie afin qu'elle y passe les tests de calibration. Par malchance, le jour de cette prise, celle-ci était toujours en leur possession."
"J'ai cru qu'on avait "chok may dee", "la guigne", comme on dit ici en Thaïlande, avec cette espèce que je souhaitais depuis longtemps révéler aux pêcheurs d'autres nationalités via le livre des records IGFA. En août dernier, j'avais fait abstraction une première fois de soumettre ma plus grosse prise à ce jour : un spécimen de 46 kg. Ces carpes siamoises sont extrêmement fragiles, beaucoup plus que vos carpes européennes. L'intensité avec laquelle le Caho se bat, parfois jusqu'a épuisement, peut entraîner sa mort pour peu que le combat ait duré trop longtemps ou que le pêcheur sans connaissance de ce poisson l'ait travaillé en force. Ces carpes présentent en effet une anatomie particulière et sont comparables en quelque sorte aux plongeurs sous-marins. Si ramenées à la surface trop rapidement, elles ne survivent pas. Celle-ci avait lutté dur et tenté plusieurs fois de "me la faire" vers des obstacles voisins. Pour ne pas perdre ce poisson, j'avais du à chaque fois mettre la pression. Le tout sur de la tresse de 60 livres. Le poisson après épuisage semblait exténué. Par peur d'avoir à le laisser trop longtemps en dehors de son élément nous avions seulement pesé ce sujet, dans l'eau, sans même procéder à la prise des mensurations. Suivant les règles IGFA, il est stipulé que pesage et mensurations obligatoires se doivent d'être effectués sur la terre ferme. Je n'avais pas eu à hésiter un seul instant. Risquer la mort éventuelle d'un poisson aussi majestueux qu'un Caho ne valait pas pour moi l'obtention d'un insipide certificat de papier mentionnant en lettres d'or que j'étais détenteur d'un record du monde. Ces poissons qui nous apportent si souvent nos toutes meilleures joies restent nos plus proches amis et complices de ces moments exceptionnels du bord de l'eau. Ils méritent notre amour et respect, plutôt que de disparaître pour le stupide plaisir de flatter son ego."
"Début Octobre, pour relâcher une autre prise record dans les meilleurs conditions possibles, nous avions laiss" une fois de plus la possibilité d'enregistrer pour la toute première fois le Catlocarpio siamensis avec l'IGFA. Celle-ci était une autre splendide carpe de 45 kg, prise par mon ami et client anglais Bruce Dale. Plusieurs belles autres carpes géantes, pesant entre 34 kg et 37 kg, avaient été prises entre août et septembre, mais il nous semblait impossible de pouvoir finaliser nos touches avec une prise au-dessus des 40 kgs. Nous perdions systématiquement tous les plus gros spécimens. Les scenarii étant toujours les mêmes. Il en existe deux. Soit certaines carpes mal piquées se décrochent dans les premiers mètres d'un départ sans que le pêcheur ait même eu le temps de prendre sa canne en main pour appuyer le ferrage. Soit plus fréquemment nous les perdons sur casse sans pouvoir faire grand chose. Les sujets largement au-dessus des 50 kgs font preuve de beaucoup d'intelligence et de vice. Ces grosses carpes connaissent parfaitement leur territoire et savent exactement ou se tiennent les nombreux obstacles propres au lac de Bung Sam Lan. Elles prennent immédiatement la direction des piliers d'un pont proche de notre poste de pêche ou celle des bungalows voisins sur pilotis. Usant de leur puissance, elles sont absolument instoppables lors de leur rush de départ. La seule parade pour sauver éventuellement la prise est d'abord de ne surtout pas essayer de contrer le poisson puisque c'est de toute façon peine perdue. La moindre friction du fil sur ces piliers ou les clous sont nombreux, et c'est la casse assurée !
C'est d'ailleurs ce qui se passe avec les pêcheurs qui n'écoutent pas nos conseils et tentent malgré tout de sortir le poisson des obstacles en force. Il est préférable de desserrer le frein du moulinet et de laisser le poisson poursuivre sa course tout en gardant le contact. Ensuite c‚est un travail d'équipe dont nous avons l'habitude. Il faut être minimum deux, voir encore mieux trois. Il suffit de récuperer la ligne sous l'eau à l'aide d‚une ligne à main munie d‚un grappin, puis dévider le fil de la bobine du moulinet, couper la ligne, la sortir des obstacles et renouer en 4ème vitesse pour reprendre le combat avec le poisson. Une méthode qui marche dans la plupart des cas à 90 % pour les gros Mékong Catfish, et même les gigantesques Arapaima. La seule exception étant justement ces très très grosses carpes. Au lieu de passer une fois seulement à travers les piliers comme le font les gros silures (qui eux sont récupèrables), elles s'enfilent en zigzaguant de 6 à 7 fois à travers à travers ceux-ci. Il faut donc répéter l'opération autant de fois qu'il est nécessaire. Mais lorsque l'on arrive à la dernière partie de la ligne, la prise est bien souvent déjà loin : casse ou décrochages! "
A suivre...
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