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Public - Privé : vrai ou faux débat ?
A la lecture du texte ci dessous , extrait des demandes et remarques de
l'UNPF aux candidats aux élections législatives, je m'interroge.
"Mettre sur le dos" du privé les problèmes de la pêche associative et la
dégradation des milieux me semble hasardeux. Les réflexions qui suivent ne
prétendent pas apporter une réponse mais, je l'espère, suciter quelques
réaction et engager un débat avec vous.
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"Depuis la loi sur l'eau de 1992 qui a posé les bases du développement d¹une
pêche privée sur des plans d'eau dits à valorisation touristique, ces
derniers se multiplient au détriment des milieux aquatiques et de
l'équilibre économique de la pêche associative. Cette faculté ouverte à
l'origine aux exploitations piscicoles pour leur permettre de commercialiser
leur production de manière innovante, a été détournée de ses objectifs pour
constituer une dérive à la loi pêche.
Elle est contraire aux missions du Conseil Supérieur de la Pêche et des
associations de pêche et de protection du milieu aquatique.
Des eaux closes au statut incertain, des eaux libres dérivées sans
autorisation, des zones humides surexploitées, sont autant de conséquences
de ce texte dont les modalités d'application se sont destructurées au fil du
temps.
Des centaines de milliers de plans d'eau, des rivières à salmonidés
dégradées, sont les conséquences claires de ces déviations.
L'Union Nationale pour la Pêche en France et la Protection du Milieu
Aquatique demande qu'à l'exception du propriétaire et de sa famille, toute
eau libre sans limitation de surface exploitée à des fins commerciales donne
lieu pour les usagers à l'adhésion à une association de pêche et au paiement
de la taxe piscicole. Parallèlement tous les plans d'eau ne pouvant
justifier d'une autorisation clairement valide devront faire l'objet d'un
arrêt de leur exploitation assorti d'une remise en état des lieux."
Publié dans Pêche Contact
Organe officiel de l'Union pour la Pêche en France
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Rélexions et remarques diverses :
Ne prendrait-on pas le problème par le mauvais bout ?
Doit-on vraiment considérer que les privés (établissements commerciaux)
tuent le public ? Ils existent et se développent en tirant profit des
carences de la pêche associative, certes, mais ils sont une conséquence et
non une cause...
Et taper sur la conséquence, on le sait depuis longtemps, n'est que rarement
efficace pour résoudre un problème...
Les "pêcheries privées" qui offrent un service clefs en main sont dans
l'ordre logique des choses et de l'évolution de la société dans son
ensemble. Si la pêche associative ne veut, ne peut ou ne sait, prendre en
compte la notion de tourisme pêche et modifier sa manière de penser et gérer
la pêche, il est logique que des gens s'engouffrent dans la brèche avec
reconnaissons-le une implication personnelle qui fait qu'il gèrent leur
outil de travail (la pêche) avec les méthodes et les moyens de contrôle
d'une entreprise et donc sont plus vite efficaces en termes de "captation de
clientèle". D'où les préoccupations de l'Union en matière de "déséquilibre
économique de la pêche associative".
Le débat sur la pêche de nuit en est me semble-t-il un bel exemple.
Connaissez vous des réservoirs privés spécialisés carpe qui interdisent la
pêche de nuit ? Ça serait se tirer une balle dans le pied non ?
Comment demander à des bénévoles, parfois, (pour ne pas dire souvent) sans
réelles formations et compétences sur la question de gérer une activité
économique (eh oui) et environnementale au niveau stratégique, chacun dans
son coin, dans le désordre le plus complet, la division et avec une vision
locale qui se résume souvent à 3 km de rivière...
Si on y regarde de plus près d'ailleurs, certaines de ces associations ont
d'ailleurs elles-même tendance à se "privatiser" pour tenter d'améliorer ou
tout au moins maîtriser leur gestion et leurs résultats et donc lutter
contre la fuite des pêcheurs. Lozère, Ardèche, Finistère, ainsi que des APP
de + en + nombreuses en sont l'illustration...
On a beau se raconter qu'en France il est plus simple qu'ailleurs de pêcher,
en fait ça reste très compliqué.
Un petit exemple local concret : si vous voulez juste essayer une fois pour
voir si ça vous plaira, la mouche en Allier, il vous faudra prendre la carte
annuelle avec toutes les taxes... Rien n'est prévu pour la journée. Ah si,
vous pouvez allez pêcher l'ablette sur un étang de 300 m2 au bord de
l'autoroute ! Sans rien avoir contre cette pêche, on peut juste constater
que les possibiltés offertes pour "goûter" à la pêche restent très limitées.
Alors même que les gorges de la Sioule sont à 5 mn et qu'elles constituent
le principal vecteur touristique du coin !!
Le Canoé récupère tous les touristes interdits de pêche...
Et les réservoirs privés ceux qui veulent vraiment pêcher !
Alors évidemment, taper sur le vilain privé qui est la cause de la baisse
des ventes de cartes est le bon angle pour ne pas se poser de trop de
questions. Un bouc émissaire, c'est pratique pour ne pas assumer ses propres
carences. L'UNPF demande actuellement aux candidats aux législatives de
remettre en cause le droit de propriété en interdisant à d'autres que le
propriétaire et sa famille de pêcher sans acquitter la taxe sur sa propriété
(rivière)... Ça peut passer pour la défense du public, n'est-ce pas plutôt
un aveu d'impuissance ?
Reste qu'un contrôle de ce qui se fait au niveau de la qualité des eaux et
de la gestion de l'impact environnemental à l'aval des secteurs privés reste
bien évidemment nécessaire.
Lutter pour l'amélioration de l'image de la pêche de loisir dans les grands
médias, bien enclin à ne nous présenter que comme de "gentils" benêts
passionnés par une activité somme toute désuète mais ô combien pittoresque
me semble une priorité, si l'on veut ramener du monde sur le bord des
rivières publiques.
Où alors en étant pessimiste doit-on se demander si le modèle associatif de
la pêche de loisir a vécu ?
Le Pêcheur
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