La pêche aux appâts naturels est la première pêche à avoir été utilisée par les hommes pour tromper la vigilance des truites. Le principe est de se rapprocher le plus possible des proies mangées par dame fario en présentant une esche le plus naturellement possible. C’est ainsi qu’est apparue la pêche au toc. Mais pourquoi toc ? Lorsque vous aurez la première touche avec cette technique, lorsque vous sentirez ce petit tressautement du fil entre vos doigts, là vous saurez !

La canne doit être assez longue. Bien évidemment, cette longueur variera selon la largeur et l’encombrement de la rivière prospectée. 3,90 m est le compromis choisi par nombre de pêcheurs. À noter que le carbone sera toujours plus résonnant que la fibre de verre et qu’un grand nombre d’anneaux sera un plus pour le ressenti. Le porte-moulinet de ce type de canne sera bien souvent à son extrémité. Si vous pêchez dans des ruisseaux et aussi dans des cours d’eau larges mais que vous ne souhaitez investir que dans un ensemble, je vous conseille une canne téléréglable. Cela vous permettra de disposer d’une longueur variable.
Même si un moulinet traditionnel peut dépanner à l’occasion, il vaut mieux un modèle spécialement dédié à la pêche au toc. Celui-ci doit avoir un frein performant et ne pas laisser le fil apparent. Cela limite les accrochages qui peuvent être nombreux dans les milieux encombrés et protège le fil des UV pour le conserver un peu plus longtemps. Ne vous focalisez pas sur le poids. L’idée est d’équilibrer votre ensemble et un moulinet léger risque de faire « piquer » votre canne vers le bas et rendre le tout inconfortable. L’idéal est donc de pouvoir l’avoir un bon moment en main avant de vous décider car il y va de la réussite de vos futures sessions et de votre plaisir de pêche.
Contrairement à nombre de types de pêche où la tresse est reine, ici il vaut mieux privilégier le nylon. Certes la sensibilité est moindre mais l’élasticité est indispensable pour amortir les coups de tête des salmonidés et limiter les décroches. Ne lésinez pas sur la qualité. Il faut qu’il soit soyeux en main (toujours pour le plaisir de pêche mais également pour la glisse dans les anneaux), résistant, élastique mais pas trop non plus. Je vous conseille également de le prendre coloré (sans qu’il soit non plus fluo « pétant ») pour une bonne visibilité de votre ligne. Toujours savoir où vous êtes est un des secrets de cette pêche.
Si le corps de ligne est coloré, il vous faudra un bas de ligne transparent et le plus discret possible. Comptez environ 1 m de longueur. Cette mesure peut varier suivant la clarté et si les poissons sont tatillons. Quant au diamètre à utiliser, sachez qu’il peut varier entre 12 et 20/100 suivant les milieux et la taille des truites rencontrées. Votre corps de ligne, dans l’idéal, va mesurer 2/100 de plus pour éviter les casses hors bas de ligne. Si vous débutez, 16/100 est un bon début pour la majorité des conditions rencontrées. Plus encore que sa longueur, c’est le diamètre du fil qu’il faudra changer pour décider les truites boudeuses. Plus il est fin et plus le montage sera discret et la présentation naturelle. Par contre, attention à la casse ! Le frein de votre moulinet devra être parfaitement réglé.
Pour que votre appât évolue à la bonne profondeur, il faut adapter la plombée. Elle ne doit ni être trop groupée ni placée trop près de l’hameçon afin de conserver une présentation naturelle. Des plombs de taille 4 à 9, suffisamment souples, permettent d’ajuster facilement le montage. En courant soutenu ou pour atteindre rapidement le fond, on peut les rapprocher davantage.
La taille de l’hameçon toc doit correspondre à l’esche utilisée : un gros lombric pourra nécessiter un n°2 ou 4, tandis que des appâts plus fins conviendront à des tailles 12 ou 14. Apprendre à réaliser ses propres nœuds permet d’adapter la longueur et d’éviter les limites des bas de ligne prêts à l’emploi.
Le guide fil, placé au-dessus des plombs sur la ligne principale, apporte un repère visuel précieux. Il aide à contrôler la profondeur et peut même révéler certaines touches discrètes.
Maintenant que vous êtes équipés, parlons animation, méthode… bref parlons pêche !

En pêche au toc, il n’y a pas de bouchon : ce sont vos doigts qui détectent la touche. Si vous êtes droitier, tenez la canne de la main droite et le fil entre le moulinet et le premier anneau avec la main gauche. Le fil doit rester légèrement tendu entre vos doigts. Au premier “toc”, relâchez un peu de fil pour laisser la truite engamer sans résistance, puis ferrez après une courte fraction de seconde.
La main qui tient le fil permet aussi d’accompagner le combat, en rendant du fil pour amortir les coups de tête et éviter la casse.
Le moulinet doit être réglé avec un frein souple. Il sert surtout de réserve de fil et permet d’allonger légèrement les lancers en balancier, sans se dévider comme dans d’autres techniques.
Partout ! En plein courant, dans les caches, sous les racines, les obstacles… Il n’y a pas plus universel. Même derrière un moucheur ou un pêcheur aux leurres, vous pouvez prendre du poisson et exploiter des postes qu’eux ne peuvent pas. En général, il faudra remonter le courant pour vous soustraire à la vue des poissons et présenter votre esche de l’amont vers l’aval ; comme un vers tombé de la berge et qui descendrait la veine d’eau. Vous ne verrez jamais une teigne remonter le courant ! Eh bien une truite non plus n’a jamais vu ça alors vos chances de la faire mordre ainsi sont faibles. Je parle bien sûr de poissons sauvages.
Tout ce que peut manger une truite. Cette notion est importante car pour prendre beaucoup de poissons, il faut s’adapter à ce que mange la truite quand vous pêchez. Par exemple, en plein été vous avez peu de chance de toucher du poisson avec un gros lombric alors qu’après une grosse pluie qui a coloré l’eau, cela peut être l’appât gagnant. Au printemps, un porte-bois trouvé sous une pierre pourra être couronné de succès. Les possibilités sont énormes si vous êtes à l’écoute de la nature.
Il y a des incontournables efficaces toute l’année : la teigne et le vers de terre. Pour ce dernier, hors grosses pluies, un vers de terreau sera parfait. Évitez les vers de fumier qui dégagent un liquide jaunâtre nauséabond.
Quelle que soit l’esche choisie, enfilez là sur la hampe de l’hameçon pour ne laisser ressortir que la pointe. Toujours cette recherche de la présentation la plus naturelle possible !

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@sempe_peche
Thomas Laforet est conseiller technique pêche chez Pecheur.com, spécialisé dans la pêche des carnassiers.
Thomas Laforet