Dans la grande famille des leurres souples, difficile de faire plus classique que le shad.
On en trouve dans pratiquement toutes les boîtes de pêcheurs de carnassiers, et ce n’est pas vraiment un hasard. C’est un leurre simple à utiliser, extrêmement polyvalent et capable de prendre du poisson dans énormément de situations.
Sa gamme de tailles est d’ailleurs impressionnante. Certains modèles dépassent à peine quelques centimètres et peuvent être utilisés pour la truite, la perche ou le rockfishing, tandis que les plus gros atteignent 30 cm, voire davantage, pour rechercher de gros prédateurs en eau douce comme en mer.

Le corps d’un shad peut énormément varier d’un modèle à l’autre.
Il peut être assez rond, ovale, comprimé sur les côtés, annelé, complètement lisse ou au contraire très réaliste, avec des formes et des coloris reproduisant précisément un petit poisson.
Mais ce qui distingue réellement le shad des autres leurres souples, c’est surtout sa caudale. Contrairement aux finess, dont la queue très fine produit des vibrations discrètes, le shad possède un véritable battoir qui vient prendre appui sur l’eau.
Cette partie terminale, appelée paddle, peut être ronde, ovale, allongée, rectangulaire, triangulaire ou même légèrement échancrée selon les modèles.
Et quelques différences de forme suffisent déjà à modifier sensiblement le comportement du leurre.
Une grosse caudale qui prend beaucoup d’eau va généralement produire davantage de vibrations et ralentir la descente. À l’inverse, un paddle plus fin ou plus petit offrira une nage souvent plus discrète.
C’est aussi ce qui rend le shad si facile à utiliser : sa caudale peut se mettre en mouvement à très faible vitesse et continuer à travailler pendant certaines phases de descente.
C’est probablement l’une des raisons pour lesquelles je conseillerais facilement un shad à quelqu’un qui débute la pêche aux leurres souples.
Il n’est pas nécessaire de connaître immédiatement des dizaines d’animations.
Une tête plombée ronde, un lancer puis une récupération régulière au moulinet suffisent déjà à faire travailler correctement le leurre. La caudale se charge du reste. Mais cette simplicité ne signifie pas que le shad se limite au lancer-ramener. Bien au contraire.
Le montage le plus évident reste évidemment la tête plombée.
Une tête ronde permettra de pratiquer facilement une pêche en linéaire ou en dents de scie.
Une tête football pourra apporter une autre présentation à proximité du fond tandis qu’une tête articulée laissera davantage de liberté au leurre.
Le shad fonctionne également très bien en traction ou en verticale, ce qui permet finalement d’utiliser le même type de leurre dans des profondeurs et des conditions complètement différentes.
Il suffit souvent de changer la tête plombée, son poids ou la vitesse de récupération pour donner un comportement très différent au même shad.
Le shad trouve également parfaitement sa place sur un montage drop shot.
Dans ce cas, il n’est plus forcément ramené continuellement. Quelques petites animations du scion suffisent à mettre sa caudale en mouvement tout en maintenant le leurre quasiment au même endroit.
C’est une présentation intéressante lorsque les poissons restent proches du fond ou refusent de poursuivre un leurre ramené rapidement.
Même chose sur un micro-jig ou un swimming jig : le shad peut venir compléter le montage et ajouter des vibrations supplémentaires.

Autre avantage du shad : il peut très facilement être monté sur un hameçon texan.
On peut alors l’utiliser avec un montage Texas, Carolina ou simplement en weightless, sans plomb supplémentaire.
Cette dernière solution est particulièrement intéressante pour faire évoluer lentement un shad au-dessus des herbiers ou dans des zones encombrées sans passer son temps à accrocher.
Le poids du leurre suffit alors à effectuer le lancer et la récupération peut être très lente. Avec certains shads assez souples et volumineux, la caudale continue malgré tout à travailler à très faible vitesse.
Le shad est également l’un des trailers les plus évidents à placer derrière un spinnerbait, un buzzbait ou un chatterbait.
Sa caudale ajoute des vibrations au montage et augmente également son volume visuel.
Elle apporte aussi davantage de résistance dans l’eau, ce qui peut permettre de ralentir la descente ou de maintenir plus facilement le montage dans une couche d’eau donnée.
Un même leurre peut donc parfaitement servir seul sur une tête plombée le matin puis terminer derrière un chatterbait quelques heures plus tard.
Lorsque la taille du leurre augmente fortement, les montages classiques ne sont plus toujours les plus adaptés.
Les gros shads à brochet peuvent être montés sur des systèmes shallow, qui permettent de conserver très peu de plomb et de faire évoluer le leurre lentement dans les couches supérieures.
Ce type de montage présente aussi un autre intérêt : lors du combat, les hameçons peuvent se désolidariser du corps du leurre.
Le shad est alors moins exposé aux dents du prédateur et peut généralement survivre à davantage de poissons.
Crédit photos :
@utlimate_fishing
Thomas Laforet est conseiller technique pêche chez Pecheur.com, spécialisé dans la pêche des carnassiers.
Thomas Laforet