Petit leurre, gros poisson ? Le drop shot réserve parfois de vraies surprises

Petit leurre, gros poisson ? Le drop shot réserve parfois de vraies surprises
28/09/2026  -  Carnassier, Leurres

S’il y a une technique à connaître lorsque l’on traque les petits et moyens carnassiers avec des leurres souples, que ce soit du bord, en bateau, en float tube ou en kayak, c’est bien le drop shot.

Très simple à mettre en œuvre, cette technique s’adresse principalement aux percidés comme la perche et le sandre. Mais en adaptant légèrement le montage, elle permet également de cibler le black-bass ou le brochet.

Car avec le drop shot, petit leurre ne signifie pas forcément petit poisson.

Quel matériel pour pêcher en drop shot ?

Une canne spinning comprise entre 1,80 m pour les pêches embarquées et 2,10 m pour la pêche du bord suffit dans la majorité des situations. La puissance dépendra surtout des zones prospectées et du poids des montages utilisés.

Une canne Light de 2-10 g sera adaptée aux petites profondeurs et aux leurres légers. Un ensemble Medium-Light de 5-20 g sera plus polyvalent et couvrira déjà énormément de situations.

Enfin, une canne Medium de 7-28 g permettra de pêcher plus lourd, notamment dans les grandes profondeurs des lacs de barrage où le montage doit rapidement traverser les différentes couches d’eau pour rejoindre le fond.

Côté moulinet, une taille comprise entre 2000 et 2500 sera parfaitement adaptée.

Je privilégierais une tresse relativement fine, de 8 à 12/100, idéalement en 8 brins afin d’obtenir une bonne glisse et de conserver un maximum de sensibilité.

Pour terminer le montage et gagner en discrétion, ajoutez une pointe de 2 à 3 mètres de fluorocarbone comprise entre 18 et 26/100.

Le montage drop shot reste très simple

Le montage drop shot repose essentiellement sur deux éléments : un hameçon simple et un plomb placé en dessous.

L’hameçon simple est directement fixé sur le fluorocarbone, généralement avec un nœud Palomar ou un nœud spécifique drop shot.

Les tailles comprises entre 8 et 2 conviennent dans de nombreuses situations. L’hameçon sera généralement assez fin de fer afin de conserver un montage léger et naturel. Cela peut également permettre à l’hameçon de se déformer en cas d’accrochage dans une branche ou un obstacle.
Ce point est particulièrement intéressant puisque le drop shot est souvent utilisé pour aller chercher les carnassiers directement dans les zones encombrées où ils se sentent en sécurité.

Pour limiter encore davantage les accrochages, il est possible d’utiliser des modèles anti-herbe proches de ceux employés pour les montages wacky.

Hameçon simple, texan ou spécifique drop shot ?

L’utilisation d’un hameçon texan est également possible, notamment avec des leurres assez fins.

Dans ce cas, privilégiez des hameçons fins de fer, non plombés et dotés d’un œillet bien adapté au montage.

Il existe également des hameçons spécialement développés pour le drop shot. Certains possèdent un petit émerillon ou une tige métallique traversant l’œillet qui permet au leurre de tourner librement à 360°. Ce système limite fortement le vrillage du fluorocarbone pendant les animations.

Un ou deux hameçons sur la même ligne ?

Une ligne drop shot peut comporter un ou deux hameçons, positionnés à différentes hauteurs. Le montage tandem permet de tester simultanément deux profondeurs ou deux couleurs de leurres, tout en augmentant les chances de croiser un poisson actif.

En revanche, je l’éviterais dans les secteurs très encombrés. Deux hameçons signifient également deux fois plus de risques de rester accroché dans une branche, un herbier ou un obstacle.

Le plomb drop shot

Les plombs drop shot ont été développés spécifiquement pour cette technique.

Ils peuvent être ronds, cylindriques ou en forme de goutte d’eau et leur poids se situe généralement entre 4 et 16 g, même s’il existe évidemment des modèles plus lourds.

Ils sont facilement reconnaissables grâce à leur système de fixation particulier. Un émerillon limite le vrillage de la ligne tandis qu’une petite boucle pince-fil permet de bloquer le fluorocarbone sans avoir besoin de réaliser un nœud. L’intérêt est évident : vous pouvez déplacer très rapidement le lest afin de modifier la distance entre le plomb et le leurre.

Plus le plomb est éloigné de l’hameçon, plus le leurre travaillera haut au-dessus du fond. À l’inverse, un espace plus court permettra de présenter le leurre très près du substrat.

Plomb ou tungstène ?

Les lests drop shot sont le plus souvent réalisés en plomb, mais certains pêcheurs préfèrent utiliser du tungstène. À poids équivalent, le tungstène est plus compact. Il est également beaucoup plus dur et transmet davantage d’informations lorsque le lest vient taper sur les cailloux.

Une alternative économique consiste à utiliser une grosse chevrotine fendue. Il suffit de la pincer légèrement sur le fluorocarbone, sans trop serrer pour ne pas endommager le fil. Elle pourra ainsi être déplacée pour modifier rapidement la hauteur de pêche.

Remplacer le plomb par un autre leurre

Il est également possible de remplacer le lest classique par une tête plombée ronde équipée d’un leurre souple. Un micro-jig peut également faire l’affaire.

Cette variante augmente considérablement l’attractivité du montage puisque le simple lest placé sur le fond devient lui aussi une potentielle proie.

Le revers de la médaille est évident : l’hameçon supplémentaire évolue directement au contact du fond, ce qui augmente sensiblement les risques d’accrochage.

Quels leurres utiliser en drop shot ?

L’un des grands avantages du drop shot est la diversité des leurres utilisables.

Des modèles de seulement 2 ou 3 cm jusqu’à des leurres de 10 à 12 cm, voire davantage, peuvent être montés selon le poisson recherché et l’activité du moment.

Les shads

Les shads sont évidemment incontournables.

Ils donnent généralement le meilleur d’eux-mêmes en lancer-ramener lorsque leur caudale est constamment mise en mouvement, mais les petites animations verticales du drop shot suffisent déjà à provoquer des vibrations attractives.

Il en va de même pour les grubs, dont la queue en forme de virgule travaille au moindre déplacement d’eau.

Les finess et les slugs

Les finess sont certainement parmi les leurres les plus utilisés en drop shot.

Contrairement aux shads, ils ne possèdent pas de grosse caudale qui vient prendre appui sur l’eau. Leur corps s’affine progressivement pour terminer par un appendice beaucoup plus discret. Cette queue peut être simple, comme sur les slugs, ou bifide lorsqu’elle se sépare en deux parties.
Leurs vibrations très fines sont particulièrement intéressantes sur des poissons apathiques ou posés près du fond.

Écrevisses et worms peuvent aussi faire la différence

Les imitations d’écrevisses fonctionnent également très bien.

Leurs nombreux appendices se mettent en mouvement au moindre tremblement du montage et permettent de proposer quelque chose de très différent d’un petit poisson.

Les worms, autrement dit les imitations de vers, constituent une autre alternative particulièrement intéressante. Ils peuvent notamment être piqués par le milieu, comme pour un montage wacky destiné au black-bass.

Ces présentations différentes peuvent réellement faire la différence sur des carnassiers habitués à voir passer des shads toute la journée.

Pêcher en drop shot depuis le bord

Lorsque l’on pêche depuis le bord, le montage doit forcément se déplacer progressivement vers le pêcheur. Lancez votre montage puis laissez-le descendre, canne haute et bannière semi-tendue, jusqu’à sentir le plomb toucher le fond.

Tendez ensuite légèrement la ligne et réalisez quelques petits tremblements du scion sans déplacer le lest. Redonnez ensuite un peu de mou afin que le leurre puisse redescendre naturellement, puis retendez la bannière pour recommencer l’animation. Un ou deux tours de moulinet suffisent ensuite pour déplacer le montage de quelques dizaines de centimètres avant de répéter la séquence.
En procédant ainsi, vous pouvez progressivement peigner toute la trajectoire entre votre point de lancer et la berge.

À l’aplomb, le drop shot devient encore plus intéressant

Le drop shot exprime probablement tout son potentiel lorsque l’on peut pêcher directement à la verticale du poste.

Depuis un quai en streetfishing, mais surtout depuis un bateau, un float tube ou un kayak, il devient possible de travailler précisément autour d’une structure immergée.

Bois morts, éboulis, cassures ou bancs de poissons repérés au sondeur peuvent ainsi être prospectés très précisément.

L’animation se rapproche alors beaucoup d’une pêche verticale. Canne relativement horizontale et bannière tendue, faites danser le montage avec des mouvements de scion plus ou moins amples selon l’activité des poissons.

Et surtout, n’hésitez pas à ne plus rien faire. Une longue pause, bannière tendue, avec un leurre simplement maintenu au-dessus du fond peut parfois être beaucoup plus efficace qu’une succession permanente d’animations.

Trouver le bon rythme

C’est probablement là que se trouve une grande partie de la réussite en drop shot.

Lorsque l’eau est chaude et que les poissons sont actifs, des animations relativement dynamiques peuvent permettre de déclencher rapidement les touches. À l’inverse, avec une eau froide et des poissons complètement calés sur le fond, quelques tremblements presque imperceptibles suivis de longues pauses peuvent suffire.

Le montage ne change pratiquement pas. C’est surtout votre rythme qui doit évoluer. Finalement, tout l’intérêt du drop shot est là : une technique extrêmement simple dans sa conception, mais capable de présenter un petit leurre exactement à la bonne hauteur et aussi longtemps que nécessaire devant un carnassier.

Il ne reste plus qu’à trouver le bon tempo pour entrer dans la danse.

 

Crédit photos :

@jules_pecheur

@nico_msb_fishing

@sakurafishing_official

 

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