Pêcher gros sans pêcher lourd, voilà l’intérêt du montage shallow

Pêcher gros sans pêcher lourd, voilà l’intérêt du montage shallow
07/10/2026  -  Carnassier, Leurres

Quand on cherche le brochet dans peu d’eau ou juste au-dessus des herbiers, il faut pouvoir présenter un gros leurre souple sans forcément lui ajouter beaucoup de plomb.

Un montage texan weightless peut déjà très bien fonctionner. On utilise alors un gros hameçon texan sans lest supplémentaire, ou un modèle équipé d’une petite masse sur la hampe qui sert de quille et stabilise le leurre.

Une grosse tête plombée ronde avec une longue hampe peut aussi faire l’affaire. Le problème, c’est que plus l’hameçon pénètre profondément dans le corps du leurre, plus il risque de le rigidifier légèrement.

Avec les gros shads destinés au brochet, je préfère donc souvent passer sur un montage shallow, beaucoup plus modulable et bien adapté à ce type de pêche.

Pourquoi utiliser un montage shallow ?

Le premier intérêt du shallow, c’est de faire évoluer un gros leurre souple très peu plombé, voire presque sous la surface selon le montage choisi.

 

Contrairement à une tête plombée classique, les hameçons du montage shallow ne restent pas directement solidaires du leurre pendant le combat. Lorsque le brochet saisit le montage, les stingers peuvent se détacher du corps du shad. Le poisson prend alors beaucoup moins appui sur le leurre pendant ses mouvements, et celui-ci reste davantage à l’écart des dents.

C’est très intéressant avec les gros shads, souvent assez coûteux, qui peuvent sinon être fortement abîmés dès les premières attaques.

Le montage se réalise avec un seul ou deux triples, en acier, en titane ou avec un fort fluorocarbone. Cette modularité fait une bonne partie de son intérêt.

Des montages prêts à pêcher existent déjà

Rien n’oblige à fabriquer son montage soi-même.

De nombreux fabricants proposent des montages shallow prêts à l’emploi, avec un ou deux stingers et différents matériaux.

Réaliser son propre montage reste pourtant assez simple, et on peut surtout l’adapter précisément à la longueur du leurre, au nombre de triples souhaité et au matériau utilisé, et surtout, quelques accessoires suffisent.

Tout commence avec le screw

La base du montage shallow est une tête plombée équipée d’un petit tire-bouchon, ou simplement un screw sans lest.

Dans notre exemple, le montage est réalisé avec une tête plombée de 10 g à deux anneaux. Celui du dessus sert à raccorder le montage au bas de ligne, celui placé sous la tête reçoit le stinger. Il suffit ensuite de visser progressivement le tire-bouchon dans le nez du leurre jusqu’à ce que la tête soit bien positionnée.

Avec un screw simple, le principe est le même.

Un premier anneau brisé sous la tête

Une fois le screw installé, ajoutez un anneau brisé sur l’attache inférieure.

Dans notre montage, on part sur une résistance d’au moins 20 kg pour garder de la marge lorsque l’on recherche de gros brochets. Cet anneau sert de premier point de connexion entre la tête et le reste du montage.

L’émerillon laisse le montage travailler librement

Sur cet anneau brisé, on ajoute un émerillon baril, lui aussi d’une résistance d’au moins 20 kg.

Il a un rôle important car le montage tourne beaucoup plus librement lorsque le poisson se débat. Le brochet peut effectuer ses mouvements sans que tout le montage se vrille et sans prendre directement appui sur le corps du leurre. C’est cette indépendance entre le leurre et les hameçons qui fait tout l’intérêt du shallow.

À la sortie de l’émerillon, on sleeve un premier avançon. Pour un montage avec un seul triple, cet avançon doit placer l’hameçon sur le premier quart ou la première partie du leurre, selon sa forme et sa longueur.

À son extrémité, ajoutez un deuxième anneau brisé.

Avec lui, le montage devient beaucoup plus facile à modifier. On peut remplacer un stinger abîmé, changer sa longueur ou faire évoluer les composants sans refaire toute la monture.

Les petites épingles sont plus importantes qu’elles n’en ont l’air

Sur cet anneau, on installe aussi une petite épingle qui maintient l’avançon contre le ventre du leurre.

Il en existe différentes formes : épingles simples, modèles à plusieurs petits crochets ou systèmes développés pour les gros shads.

Leur rôle est simple : plaquer le stinger contre le leurre sans planter profondément l’hameçon dans le plastique.

Sans elles, le triple devrait être piqué directement dans le ventre. Après plusieurs lancers et quelques attaques, les déchirures deviennent vite importantes.

Quelle taille de triple utiliser ?

Sous l’anneau brisé vient ensuite l’hameçon triple. Sa taille dépend du volume du shad.

Sur des leurres de 18 à 20 cm environ, un triple de taille 2 peut déjà convenir. Au-delà de 22 cm, on passe progressivement sur des tailles plus importantes comme du 1/0 ou du 2/0. À ce stade, votre montage shallow simple à un seul triple est terminé.

L’objectif est de garder un armement assez gros pour assurer le ferrage sans déséquilibrer le leurre. Deuxième point important, il est primordial de piquer l’hameçon au centre du leurre, et c’est d’autant plus vrai si vous pêchez avec un leurre fin, pour éviter de déséquilibrer la nage.

Et avec deux triples ?

Sur les leurres vraiment volumineux, un deuxième point d’armement peut se justifier. Il suffit de prolonger le premier montage avec un second avançon, jusqu’à la partie arrière du leurre.

On ajoute ensuite un nouvel anneau brisé, une deuxième épingle de maintien et un second triple. Vous obtenez un montage double pour les gros shads. Là encore, la longueur et le nombre d’hameçons s’adaptent très facilement au leurre utilisé.

Acier, titane ou fluorocarbone ?

Le matériau des stingers reste surtout une question de préférence. L’acier est une valeur sûre. Le titane est aussi régulièrement utilisé sur ce type de montage.

On peut également fabriquer les avançons avec un fluorocarbone de fort diamètre.

Dans tous les cas, le montage doit être dimensionné pour résister aux dents et à la puissance du brochet.

Le sleeve mérite une vraie attention

Pour raccorder les différents avançons, on peut utiliser des sleeves simples ou doubles.

Personnellement, nous préférons les sleeves doubles. Ils sont peut-être un peu plus visibles, mais chaque brin d’acier, de titane ou de fluorocarbone a son propre passage.

Le choix de la pince à sleeve compte beaucoup.

Une bonne pince doit écraser la sleeve en son centre. Certains modèles ont aussi plusieurs empreintes ou stries qui répartissent le serrage sur plusieurs points. Serrez fermement, à deux mains si nécessaire. Sur un montage qui sert à lancer de gros leurres et à combattre de gros brochets, chaque raccord doit être fiable.

Le lest se modifie très facilement

Autre avantage du shallow : rien n’oblige à garder toujours le même plombage.

Lorsque le montage utilise uniquement un screw, on peut ajouter de petits lests vissables directement dans le leurre. On modifie ainsi progressivement sa profondeur de nage sans refaire le montage.

Un shad qui passait juste sous la surface peut être légèrement lesté pour nager plus bas dans la colonne d’eau. C’est pratique lorsque l’on veut garder le même leurre tout en adaptant sa présentation à la profondeur des poissons.

 

Crédit photos :

@axbob_fishing

@fishxplorer

 

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