Il y a des leurres qui font beaucoup parler pendant quelques mois avant de disparaître progressivement des boîtes. Et puis il y en a d’autres qui restent, saison après saison, sans avoir besoin de se réinventer.
Le Rockvibe Shad de Reins appartient clairement à cette deuxième catégorie.
Streetfishing, rockfishing, pêche de la perche, du sandre, du brochet ou encore du bar… depuis de nombreuses années, on retrouve ce petit shad japonais dans énormément de situations.
Rien de compliqué pourtant : un corps assez fin, une queue très mobile et une nage qui se déclenche facilement, même quand on ralentit fortement la récupération.
L’un des gros points forts de la gamme reste son choix de tailles.
Avec les plus petits modèles, on cherche les perches, les truites ou les poissons de roche sur des montages extrêmement légers. À l’autre extrémité, les grandes tailles ciblent des prédateurs nettement plus sérieux : brochet, silure, et même certains gros poissons marins.
On retrouve également deux philosophies assez différentes.
Le Rockvibe Shad classique a un corps relativement fin et convient bien aux pêches finesse ou aux petits montages.
La version Rockvibe Shad Fat a au contraire une silhouette plus massive. Elle déplace davantage d’eau et correspond mieux aux recherches de black-bass, gros sandres ou brochets.
Selon la version choisie, la présentation et les montages possibles changent donc réellement, bien au-delà d’une simple question de longueur.
Si je devais choisir une espèce associée au Rockvibe, la perche arriverait probablement très vite.
Les tailles autour de 2 pouces imitent bien les petits poissons fourrage dont elle se nourrit régulièrement.
Une petite tête plombée de 1,5 à 3 g, selon la profondeur et le courant, suffit souvent pour commencer à pêcher. Sur un fond de galets ou de graviers, j’aime bien une récupération proche du substrat : quelques petits bonds, une courte pause, puis le leurre repart.
Mais il ne faut pas obligatoirement rester collé au fond. Une animation en dents de scie entre deux eaux marche tout aussi bien quand les perches chassent autour d’herbiers, de nénuphars ou d’un banc de petits poissons.
On peut donc changer complètement de profondeur sans changer de leurre.
Le plus simple reste d’enfiler le Rockvibe sur une tête plombée.
Reins a développé ses Aji Meba Jig Head pour ce type de petits leurres, mais beaucoup de têtes classiques font très bien l’affaire.
L’important est surtout de garder un hameçon adapté à la taille du shad. Un hameçon trop long rigidifiera une partie importante du corps et empêchera le leurre de travailler correctement. Sur les petits Rockvibe, mieux vaut généralement une tête compacte avec un hameçon assez court.
Le grammage dépend ensuite surtout de la profondeur, du courant et de l’animation recherchée.
Pour une pêche lente dans un mètre d’eau, quelques grammes suffisent. Dès que l’on descend plus profond ou que le courant augmente, on alourdit progressivement pour garder le contact.
C’est même là qu’il devient le plus intéressant.
Un petit Rockvibe fonctionne très bien en drop shot, notamment quand les poissons sont peu actifs. Sa queue demande si peu de mouvement qu’une simple vibration du scion suffit à la faire bouger. Il peut aussi accompagner un micro-jig, être monté sur un système Cheburashka ou servir de petit trailer.
La version Fat ouvre encore d’autres possibilités.
Sur un hameçon texan sans plomb, elle se ramène très près de la surface, notamment au-dessus des herbiers. Avec une récupération assez soutenue, la présentation n’a rien à voir avec celle d’un shad classique sur tête plombée. Sa forme plate la fait aussi beaucoup planer, ce qui peut déclencher des poissons.
Elle s’utilise également derrière un jig, sur un montage shallow ou avec des armements destinés aux gros brochets.
Il est assez difficile de trouver un montage où le Rockvibe n’a pas sa place.
La palette de couleurs du Rockvibe est très large.
La gamme a compté plusieurs dizaines de coloris, des teintes très naturelles jusqu’à certaines franchement voyantes.
Dans une eau claire, je partirais facilement sur des tons naturels, translucides, blancs nacrés, gris ou légèrement pailletés. Le coloris Pearl Silver, par exemple, va tout à fait dans ce sens.
Dans une eau plus teintée, ou quand on veut provoquer davantage de réactions, les teintes flashy, UV ou fluorescentes prennent tout leur intérêt.
Les coloris Two Tones, avec un dos et un ventre de couleurs différentes, ajoutent une option de plus, et c’est le genre de contraste que les poissons apprécient souvent !
Il n’existe évidemment pas de couleur magique qui marche partout. La luminosité, la couleur de l’eau, le poisson fourrage et surtout l’humeur des poissons du jour comptent énormément. C’est souvent en changeant rapidement de coloris que l’on finit par trouver celui qui déclenche des touches.

Quand j’essaie de faire le tri dans les coloris, je garde en tête une règle qui marche dans la plupart des cas :
Un blanc ou Pearl Silver pour rester relativement naturel et visible, un coloris plus sombre ou translucide pour les eaux claires, puis un vrai coloris flashy pour les moments où il faut provoquer les poissons.
Le gris pailleté type Baitfish est aussi très bien quand on veut rester proche d’un petit poisson fourrage sans passer sur un leurre complètement translucide.
Pour chercher les perches l’été, je vous partage un petit secret : les coloris nuancés entre jaune et rose sont vraiment efficaces !
Ce petit assortiment couvre déjà beaucoup de situations.
Le Rockvibe accepte aussi une plage de vitesses assez large.
On peut le faire évoluer extrêmement lentement près du fond, quasiment sur place en drop shot ou en verticale, ou au contraire le récupérer vite au-dessus d’un herbier.
La caudale reste généralement stable et continue à battre.
Sur les poissons actifs, une récupération soutenue marche souvent bien. À l’inverse, quand ils sont calés au fond, quelques petits bonds suivis de longues pauses peuvent totalement changer la pêche.
Il suffit d’adapter le poids de la tête et la vitesse de récupération pour changer complètement le comportement du même leurre.

Crédit photos :
@reins_europe
Thomas Laforet est conseiller technique pêche chez Pecheur.com, spécialisé dans la pêche des carnassiers.
Thomas Laforet