Bientôt la fermeture de la truite : les dernières sorties peuvent réserver de belles surprises

Bientôt la fermeture de la truite : les dernières sorties peuvent réserver de belles surprises
02/09/2026  -  Truite

À cette période de l’année, j’ai toujours un sentiment un peu particulier quand je pars pêcher la truite. On sait que les sorties commencent à être comptées. Les matinées raccourcissent, certaines rivières portent encore les traces de l’été et les poissons ont déjà vu passer quelques cuillers, vairons et poissons-nageurs depuis le mois de mars.

Pourtant, si les conditions sont bonnes, ces dernières semaines peuvent offrir de très belles pêches. Il faut simplement accepter de ne plus aborder la rivière comme en début de saison.

En 2026, la période générale de pêche en première catégorie se termine le dimanche 20 septembre inclus, avec toujours la possibilité de dispositions locales particulières.

Premier réflexe en cette fin de saison, regarder la rivière

En fin d’été, ma première question n’est pas vraiment : quel leurre vais-je mettre ?

Je regarde d’abord le niveau et la température de l’eau. Si la rivière est encore basse, limpide et chaude, je conserve clairement les habitudes estivales. Je privilégie le début de matinée, les secteurs ombragés et surtout les zones où l’eau reste brassée : sorties de rapides, têtes de fosses, courants resserrés ou blocs créant une zone de repos.

Dans ces conditions, les poissons peuvent être extrêmement méfiants.

C’est là que la discrétion prend vraiment son importance. Je reste davantage en retrait de la berge, j’évite de marcher inutilement dans l’eau et je réfléchis à mon premier lancer. Quand on parle de discrétion, je parle également de bas de ligne, poids et action du leurre. Il faut que le tout soit extrêmement fin / naturel. Les truites ont vu passer beaucoup de leurres et de pêcheurs en forte saison, et se méfient d’absolument tout.

En revanche, si quelques pluies sont passées et que la rivière reprend légèrement du débit, je peux complètement changer d’approche.

Une petite pluie peut changer beaucoup de choses

C’est probablement l’une des périodes où je surveille le plus la météo.

Après plusieurs semaines de niveaux bas, une pluie capable de faire légèrement remonter et teinter la rivière peut être une vraie opportunité. Les poissons se sentent davantage en sécurité et certaines truites que l’on ne voyait quasiment plus peuvent recommencer à bouger.

Dans ces conditions, je n’ai d’ailleurs plus forcément envie de pêcher minuscule.

Le downsizing fonctionne très bien lorsque la rivière est basse et claire : petite cuiller, poisson-nageur, plombée légère au toc. Mais il ne faut pas en faire une règle liée au mois de septembre.

Si le débit remonte et que l’eau se colore, je peux parfaitement remettre un leurre plus imposant ou présenter un beau ver au toc près d’une bordure.

Aux leurres, je cherche surtout à être propre au premier passage

Sur une rivière encore en étiage, j’aime beaucoup les petites cuillers et les poissons-nageurs compacts.

Une cuiller n°0 ou n°1 permet de pêcher rapidement un petit courant sans créer un impact énorme à l’arrivée dans l’eau. Les petits minnows autour de 35 à 50 mm sont également très intéressants lorsque les poissons sont méfiants.

Mais je fais surtout attention à mon angle. Plutôt que lancer systématiquement depuis le passage emprunté par tous les pêcheurs, j’essaye parfois d’aborder le poste quelques mètres plus bas ou plus haut. Une truite qui a vu vingt leurres arriver exactement de la même direction depuis le printemps peut réagir complètement différemment à une présentation inhabituelle.

Au toc, même logique. Sur faible débit, j’allège la plombée et j’essaye d’obtenir la dérive la plus naturelle possible plutôt que de descendre artificiellement très fin en diamètre.

Et surtout, je ne joue pas avec une truite dans une eau encore chaude

Septembre peut donner des matinées fraîches alors que l’eau reste encore bien plus chaude qu’on ne le pense.

En no-kill, je garde donc les mêmes précautions qu’en été : Toujours avoir l’épuisette prête, mains mouillées et le poisson gardé au maximum dans l’eau. Et si une rivière reste franchement chaude ou très basse, je vais simplement ailleurs. À quelques semaines de la reproduction, il n’y a aucun intérêt à insister sur des poissons déjà fragilisés.

Le 20 septembre arrive : est-ce vraiment terminé ?

Une fois la première catégorie fermée, il ne faut surtout pas en déduire que toutes les truites deviennent automatiquement pêchables en seconde catégorie.

La truite fario reste soumise, en deuxième catégorie également, à sa période réglementaire d’ouverture. Aller volontairement chercher des farios après la fermeture dans une rivière de seconde catégorie n’est donc pas une manière de prolonger la saison.

En revanche, la truite arc-en-ciel peut être pêchée toute l’année dans certaines eaux de seconde catégorie, sous réserve des réglementations particulières applicables au secteur.

Réservoirs, parcours spécifiques et seconde catégorie : il reste des solutions

Si je veux continuer à pêcher la truite après la fermeture, mon premier réflexe est de regarder le site de ma fédération départementale ou de l’AAPPMA.

Certaines proposent des parcours spécifiques de seconde catégorie, régulièrement alimentés en truites arc-en-ciel et ouverts pendant une partie de l’automne ou de l’hiver selon la réglementation locale. Il existe également de nombreux réservoirs mouche ou plans d’eau consacrés à l’area fishing.

Ce n’est évidemment plus la même pêche qu’une fario sauvage dans un petit torrent, mais techniquement, il y a largement de quoi s’amuser. Petites ondulantes, mini-cranks, leurres souples et matériel ultra-light permettent de conserver les sensations de la pêche de la truite pendant l’hiver.

Je profite surtout des dernières sorties sans vouloir forcer les choses

À quelques semaines de la fermeture, je n’ai jamais envie de faire la course au dernier poisson.

Je préfère choisir une matinée avec de bonnes conditions, pêcher proprement quelques postes et profiter d’une rivière qui commence doucement à changer de visage. Et quand le 20 septembre sera passé, les cannes truite ne devront pas forcément rejoindre le garage jusqu’au mois de mars.

Il faudra simplement changer de terrain de jeu : arc-en-ciel en seconde catégorie lorsque la réglementation le permet, parcours spécifiques ou réservoirs.

La fario sauvage, elle, aura bien mérité qu’on lui fiche la paix pendant quelques mois.

 

Crédit photos :

@salmo-trutta-fario

@pedemarie

@fishxplorer

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