De l’IA dans la pêche ?

De l’IA dans la pêche ?
16/08/2026  -  Carnassier, Carpe, Navigation

Le Deeper est, de base, un sondeur lançable qui s’utilise avec un smartphone. On l’attache à la ligne, on le lance sur la zone à prospecter, puis on le ramène doucement. Pendant la récupération, il envoie les informations en Wi-Fi vers l’application : profondeur, relief du fond, végétation, obstacles et échos de poissons.

Ce format est surtout intéressant depuis la berge, là où un sondeur classique monté sur un bateau n’est pas utilisable. Il permet de sonder une cassure, de repérer une trouée dans les herbiers ou de vérifier la nature d’un poste avant d’y lancer un montage.

L’IA intervient là où l’écran laisse encore un doute

La lecture d’un sondeur demande normalement un peu d’expérience. Une arche longue ne correspond pas forcément à un gros poisson. Elle peut simplement indiquer qu’une cible est restée longtemps dans le cône. La largeur, l’intensité du retour et sa position par rapport au fond apportent souvent plus d’informations que sa longueur.

Le CHIRP+ 4 utilise un modèle entraîné à partir de données sonar récoltées dans des conditions réelles. Il analyse les retours et met en évidence les poissons détectés. D’après le brief technique de Deeper, l’identification commence lorsque le sondeur a recueilli suffisamment de données, et le modèle doit continuer à évoluer au fil des mises à jour. Il faut toutefois garder une limite en tête. L’IA détecte une cible correspondant à un poisson, mais elle n’annonce ni son espèce ni son poids.

Les poissons restent visibles après le passage du sonar

La fonctionnalité la plus intéressante apparaît lors de l’analyse du poste. Les poissons repérés pendant le scan peuvent être affichés sur les cartes bathymétriques personnelles en 2D et en 3D. Il devient alors possible de comparer une détection avec la profondeur, la pente et les structures environnantes.

Pour un carpiste, cela permet par exemple de voir si plusieurs poissons ont été détectés près d’une petite zone dure au milieu d’un fond vaseux. Un pêcheur de carnassiers pourra vérifier si les échos se concentrent le long d’une bordure d’herbier ou dans une trouée.

Ces marques restent des détections enregistrées au moment du scan. Elles n’indiquent pas que le poisson occupera encore exactement la même position plusieurs heures plus tard. Leur intérêt tient surtout dans les répétitions. Lorsque plusieurs passages montrent des poissons sur le même relief, la zone mérite clairement quelques lancers.

La dureté du fond devient une vraie couche de lecture

Le CHIRP+ 4 permet de créer des cartes personnelles de dureté du fond en 2D et en 3D. Les zones sombres correspondent aux fonds plus tendres, tandis que les teintes claires signalent les secteurs plus durs. Le pêcheur peut ainsi repérer une plaque de gravier, une zone compacte ou une transition avec la vase.

Cette information apporte souvent plus qu’une simple détection de poissons. Une carpe peut traverser momentanément un secteur, alors qu’une zone dure entourée de vase restera en place. Même chose pour une cassure ou un changement de substrat régulièrement visité.

La carte aide donc à choisir un emplacement cohérent plutôt qu’à lancer directement sur la première icône apparue. Le CHIRP+ 4 ne donne pas seulement une profondeur sous le sondeur. Il permet de conserver une représentation détaillée du poste et d’y revenir lors d’une autre session.

Les herbiers ne forment plus une seule masse verte

Une autre couche cartographique est consacrée à la végétation. Le système distingue notamment les bordures d’herbiers, les zones denses, les poches et les couloirs dégagés. Ces informations sont consultables en 2D comme en 3D.

Sur une pêche aux leurres, un couloir au milieu d’un herbier peut constituer un axe de passage ou une zone dans laquelle présenter proprement un shad. Pour la carpe, une trouée permet de déposer un montage sans l’enfouir dans les végétaux.

L’intérêt ne consiste donc pas seulement à savoir qu’un herbier existe. Il faut comprendre sa forme, trouver sa limite et voir comment les poissons se positionnent autour. Une fois ce détail compris, vous avancerez beaucoup plus vite dans votre réflexion pour comprendre le comportement des poissons recherchés.

Derrière l’IA, le CHIRP reste indispensable

L’intelligence artificielle travaille à partir des données fournies par le sonar. Leur qualité dépend donc toujours du signal envoyé et de la stabilité du déplacement.

Le CHIRP+ 4 dispose de trois faisceaux : 47° à 100 kHz pour balayer largement, 20° à 240 kHz pour une lecture plus ciblée et 7° à 675 kHz pour obtenir davantage de précision. Le faisceau de 7° est d’ailleurs recommandé par Deeper pour réaliser les cartes les plus précises.

Une récupération lente et régulière reste essentielle. Si le sondeur avance par à-coups ou se balance fortement, l’IA reçoit des données moins propres. La technologie ne corrige pas un scan mal réalisé.

Le CHIRP+ 4 annonce une séparation des cibles de 1 cm, jusqu’à 15 balayages par seconde, une profondeur comprise entre 15 cm et 100 m et une portée Wi-Fi pouvant atteindre 120 m. En faible profondeur, Deeper annonce également quatre fois plus de pixels jusqu’à 5 m, afin de mieux séparer les poissons, les obstacles et les variations du fond.

Un outil d’aide à la décision, pas un pilote automatique

Le Deeper CHIRP+ 4 intéressera surtout les pêcheurs qui veulent conserver une lecture complète de leurs spots. Il peut être lancé depuis la berge, utilisé en bateau, en kayak ou pour la pêche sur glace. La connexion s’effectue directement en Wi-Fi avec le smartphone, sans accès à Internet nécessaire pendant le scan.

L’IA rend la première lecture plus accessible, mais elle ne remplace pas l’observation du poste. Une série de poissons détectés au-dessus d’un fond uniforme n’aura pas la même valeur qu’une concentration située sur une cassure ou proche d’un herbier.

Le bon réflexe sera de scanner régulièrement, de comparer les différentes couches et de replacer chaque détection dans son contexte. Une fois la bordure d’herbier ou la plaque dure localisée, il reste à poser le montage proprement ou à choisir le bon angle de lancer. C’est encore au pêcheur de faire cette partie-là.

 

Crédit photos :

deepersonar.com

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