La pêche du brochet a profondément évolué ces dernières années, et le pélagique en est sans doute l’illustration la plus marquante. Longtemps associés aux herbiers, aux bordures ou aux structures visibles, les gros brochets se révèlent aujourd’hui en pleine eau, suspendus, parfois à plusieurs dizaines de mètres du bateau.
Une pêche moderne, exigeante, qui bouleverse les codes et offre des rencontres souvent hors normes.

Le brochet pélagique est avant tout un gros poisson, opportuniste et économe en énergie. Il suit les bancs de poissons fourrage et se positionne légèrement en retrait, souvent à une profondeur très précise.
Contrairement aux brochets de bordure, il se déplace lentement, observe longuement et n’attaque que lorsque l’occasion est parfaite. Cette attitude explique pourquoi cette pêche repose davantage sur la lecture que sur la prospection.
En pélagique, le sondeur n’est plus un simple outil de localisation, mais un véritable outil de décision. Les technologies de type LiveScope, Active Target ou Mega Live permettent de visualiser le poisson, sa réaction au leurre et même ses phases d’hésitation.
Chaque mouvement compte : hauteur du leurre, distance au poisson, vitesse de présentation. Un leurre mal positionné est généralement ignoré, même par un brochet actif.
La pêche du brochet en pélagique impose un matériel spécifique, pensé avant tout pour la lecture et le contrôle. Les cannes utilisées sont généralement courtes, rapides et très résonnantes, capables de transmettre la moindre variation de tension lorsque le leurre évolue à distance du bateau. Cette sensibilité est essentielle pour ajuster la présentation en temps réel et détecter les touches souvent discrètes.
Le combo moulinet-tresse joue également un rôle clé. Une tresse épaisse, planante permet de garder un contact permanent avec le leurre, tandis qu’un bas de ligne solide reste indispensable face aux attaques violentes. Il faut privilégier les gros diamètres (80/100 minimum)
Concernant les leurres, il faut privilégier les gros leurres souples (finess, grub, shad), pas trop plombés, afin d’avoir une descente lente et contrôlée. Mais une pêche au leurre dur, gros swimbait et gros glidebait peuvent parfois déclencher des poissons plus agressifs.
La clé du pélagique réside dans la présentation du leurre, bien plus que dans le leurre lui-même. Celui-ci doit évoluer à hauteur ou légèrement au-dessus du brochet, jamais en dessous.
Les attaques surviennent souvent après une longue phase d’observation, déclenchées par un détail : une micro-accélération, une pause prolongée, ou un léger changement de profondeur.

Un bateau mal positionné peut ruiner une approche pélagique. Le bruit, la dérive ou un angle incorrect suffisent parfois à faire décrocher un poisson.
Un contrôle précis, une dérive lente et une trajectoire propre permettent de garder le brochet dans le faisceau du sondeur et de maintenir le leurre dans sa zone de confort.

Même en pélagique, un attractant discret peut renforcer la crédibilité du leurre, notamment sur des poissons très éduqués. Il ne s’agit pas d’attirer le brochet, mais de prolonger son intérêt et de transformer une hésitation en attaque franche.
La pêche du gros pike en pélagique est une pêche de lecture, de précision et de patience. Peu de touches, mais des poissons d’exception.
C’est une approche réfléchi, parfois frustrante, mais lorsque l’écran s’anime et qu’un brochet quitte la profondeur pour venir attaquer en pleine eau, l’émotion est incomparable.
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Thomas Laforet est conseiller technique pêche chez Pecheur.com, spécialisé dans la pêche des carnassiers.
Thomas Laforet